07-09-2010
   

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Les roses noires Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par A.B. Daniel   
07-03-2010
Image Sur le web france
le site des gueules noires.....

«Les roses noires »
Une histoire de la catastrophe de courrières 

A.B. Daniel  
 

  • Inspiré de la plus grande tragédie minière française, un roman bouleversant sur le courage, la solidarité et l’héroïsme. Au printemps 1906, les roses qu’Éliette cueille dans le coron de Courrières sont noires. Noires comme la fumée qui jaillit des fosses le 10 mars où, en quelques secondes, le grisou ravage la mine et tue plus de 1 000 hommes. Noires comme le labyrinthe de galeries où se débattent pères et fils, enfants et camarades, une poignée de survivants qui ne se résout pas à la mort.Pendant vingt jours, ils luttent à 300 mètres sous terre contre l’engloutissement, la faim, la soif et la nuit. Avalés par le monstre qu’est devenue la « sale bête de mine », l’ingénieur Gabriel Leclerc, comme les mineurs Rabisto, Ricq, Lido ou Brain d’amour, compagnons d’épouvante, se muent en héros fraternels, offrant le meilleur de ce que l’homme peut accorder au prochain. Mais dessus aussi, contre l’immensité de l’horreur et l’abandon à la fatalité, chacun fait le choix de la solidarité. La belle Éliette, Marthe, la troublante Héloïse, les milliers de femmes des corons espèrent le retour de leurs hommes avec la rage de la vie dans le ventre.C’est à ces hommes et ces femmes magnifiquement humains que ce roman est dédié. Un roman d’une force exceptionnelle, où le lecteur tremble, rit et pleure, à l’unisson avec les héros de cette aventure extraordinaire.
 
  • Broché: 421 pages
  • Editeur : XO Editions (9 février 2007)
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 284563305X
  • ISBN-13: 978-2845633056

22 heures

Fosse 3, étage – 280

 

  • À trois cents mètres sous terre, une main sur la croupe du cheval Évariste, Louis Eugène Joseph Renault, dit Rabisto, accompagne la bête vers l’écurie de la fosse 3.
  • Évariste connaît par coeur le chemin du foin et de l’avoine. Il ne se fait pas prier. Rabisto le suit au pas d’un paysan. L’esprit en paix, les yeux perdus dans l’obscurité de la voie percée, de loin en loin, par le halo des lampes. Le cheval pile d’un coup, sans crier gare. Rabisto bute contre son cul, rattrape sa lampe de justesse. Rageur, il claque la croupe d’Évariste.
  • — Qu’est-ce qui te prend, bidet ? T’as vu un fantôme ?
  • Le cheval ne bouge pas. L’obscurité de la bowette est devant eux. Ni plus ni moins que l’instant d’avant. Au sol, les rails luisent en jaune et vont se perdre dans le tréfonds du noir de la terre.
  • Les bowettes sont les avenues souterraines des mines. Droites comme des coups de trique et assez larges pour que des trains de wagonnets s’y croisent. Durant des kilomètres, elles s’ouvrent sur les voies de taille, les colonnes d’aérage et les grandes plates-formes d’accrochage adossées aux puits. Aux heures du matin et de l’après-midi, elles ne désemplissent pas. Le vacarme y est assourdissant.
  • Mais en cet instant, c’est presque le silence. Le murmure de la mine au repos. Les ouvriers sont en petit nombre. Ils étayent, remblayent, nettoient les fronts de taille. Les coups de masse ou de hache résonnent à peine. Lointains, étouffés.
  • Rabisto reconnaît chacun de ces bruits. Rien que du normal. La plate-forme d’accrochage n’est plus qu’à cent mètres et l’écurie du nord avec.
  • Il lève la main, s’apprête à claquer de nouveau la croupe du cheval. Un doute lui retient la paume.
  • L’Variste a dix années de mine dans les pattes. Dix années de noir, à traîner six tonnes de houille à longueur de jours invisibles. Ça vous apprend à deviner l’humeur d’une fosse et ses tours de cochon. Ça vous apprend à voir où il n’y a rien à voir.
  • Rabisto s’avance jusqu’à l’encolure du cheval. Évariste lève le front. Ses naseaux palpitent. Il encense, sa paupière battant sur son gros oeil.
  • — Qu’est-ce qu’y a ? T’as senti quelque chose ?
  • Rabisto aimerait n’entendre que de la moquerie ou de l’agacement dans son ton. Il y reconnaît un voile d’inquiétude.
  • — Qu’est-ce que tu me joues, bidet de malheur ?
  • Il scrute l’ombre. Il n’y a que les souris et les rats pour cavaler entre les rails, couinant comme des oiseaux.
  • — T’as la berlue, l’Variste. Tu te fais vieux.
  • Rabisto agrippe la longe de cuir sous la joue du cheval et lui imprime un coup sec. Le cheval n’hésite qu’à peine, lève son sabot pour éviter le rail et avance d’un pas ferme, redevenu impatient de son avoine.
  • Mais cette fois Rabisto marche devant, la lampe tendue. Il dépasse à gauche et à droite les trous sombres des voies de taille qui débouchent sur la bowette. Là aussi, il n’y a rien que du normal : l’écho des chantiers au travail et des mômes qui poussent quelques wagonnets.
  • Encore quarante, cinquante mètres. L’éclairage de la plate-forme est plus intense, on y voit mieux. Et cette fois, c’est lui, Rabisto, qui ralentit. Un frisson lui hérisse les poils des bras.
  • Peut-être bien que l’Variste a raison, qu’il y a du bizarre. Quoi, c’est difficile à dire. C’est dans l’odeur.
  • À cette heure-ci, l’air de la mine n’est plus brassé comme lorsque la taille bat son plein. Malgré les savantes connexions inventées par les ingénieurs pour que de l’air frais circule, les buses, les cloisons de bois, le fond s’alourdit de toutes ses puanteurs. Eau croupie, pisse et merde, moisi de la terre, de la sueur des hommes, du métal rouillé, du bois et des carcasses de rats. Des remugles que Rabisto ignore depuis longtemps. Trente ans passés à arpenter le fond de la mine vous forment les narines. Mais, là, en cet instant, une odeur nouvelle lui pique le nez. Un relent de fumée humide. De pourri, aussi.
  • Peut-être même de soufre.
  • Nom de Dieu ! Une chose qui fait songer au puteux, cette saloperie d’acide carbonique.
  • Rabisto se passe la main sur la nuque, apaise le souffle de peur qui lui court le long de l’échine. Il se raisonne. Mon gars, si tu peux renifler cette cochonnerie et demeurer sur tes jambes, c’est donc pas le puteux. Sinon, tu serais déjà mort.
  • — Te monte pas le bourrichon, marmonne-t-il à voix haute, pour conjurer la peur.
  • Comme pour lui répondre, Évariste bronche, l’encolure frissonnante comme s’il se défendait des mouches. Ses naseaux battent tel un soufflet de forge. Mais lui aussi reste debout.
  • — Bon, dit Rabisto, on avance.
  • Ils avancent.
  • La puanteur ne cesse pas. Au contraire, elle devient plus nette.
  • Rabisto surveille ses jambes, guette un signe de pesanteur anormale. Il surveille aussi le cheval. Mais non : ça fait que puer et ça n’étourdit pas.
  • — Peut-être bien que c’est pas le puteux, lance-t-il à voix haute. Mais c’est quelque chose quand même, crénom ! L’écurie n’est plus qu’à quinze mètres. Le pas d’Évariste résonne, rassurant. La courbe sur la gauche qui conduit aux plaques de fonte de l’accrochage approche. Les lampes pendues aux boisages sont plus nombreuses. Les murs en brique plus nets. On y voit mieux.
  • — Holà !
  • Rabisto tire si violemment sur la bride du mors que le cheval pivote, bute des sabots contre les rails.
  • Là-bas, sur les tôles de la plate-forme, il y a un voile de brume.
  • Sauf que ce ne peut pas être de la brume. Le brouillard ne descend pas sous la terre.
  • Rabisto a à peine le temps d’y songer. Un mouvement de l’air lui pousse une odeur fétide dans la bouche. Une grande dégoûtance qu’il voudrait recracher mais qui lui colle déjà au palais. Âcre, acide.
  • Il attrape la bride du cheval, comme s’il allait s’effondrer, guette le poids du mauvais gaz sur ses tempes, déjà prêt à se sentir tomber, à recevoir, impuissant, le spasme qui referme la poitrine et tue.
  • Mais non. Rien.
  • — Crénom de Dieu, c’est pas le puteux !
  • Alors quoi ? De la fumée ?
  • Il se presse. Tire l’Variste, lui claque l’encolure, le pousse en gueulant vers le portillon de l’écurie. Il l’abandonne devant son seau d’eau. La ration de foin et la poignée d’avoine, ça attendra.
  • Pas une ombre sur la plate-forme d’accrochage. Personne à attendre les cages.
  • La fumée serpente entre ses mollets. De la vraie fumée qui lui pique les yeux.
  • Nom de Dieu, la fumée, c’est le feu. Le feu qui va vite.
  • Il songe à appeler. Mais à quoi bon s’égosiller dans le vide ? Les chantiers des raccommodeux sont trop loin.
  • Il court à travers la plate-forme. Ses galoches résonnent sur la ferraille. La fumée fait des tourbillons qui l’aveuglent. Mais il n’a pas besoin d’y voir pour se lancer dans l’autre partie de la bowette qui file vers le midi.
  • En dix pas, de la fumée, il y en a tant qu’il s’en étouffe. Il tousse et crache en jurant. Il gueule :
  • — Il y a des hommes ici ? Crénom de Dieu, il y a personne, ici ?
  • La fumée semble amortir même ses cris. Elle le fait pleurer. Il ôte son casque de cuir bouilli, empoigne son béguin, ce bonnet de toile qui lui couvre le crâne, et se le fiche sur le visage pour mieux respirer. Ça ne l’empêche pas de tousser encore à s’en brûler la gorge.
  • Prudent, il souffle la flamme nue qui danse à la lampe de son casque avant de le remettre sur ses cheveux collés de sueur. Et, prudent encore, il avance avec lenteur, la lampe tenue haut. Mais il n’y voit que de la fumée. Grise et noire, qui se tortille devant lui telle une bête maléfique qui chercherait à l’étouffer.
  • Comment est-il possible que personne ne se soit aperçu de rien ?
  • Il se méfie des rails, des buses d’aérage, des traverses qui encombrent le sol. Encore vingt-cinq mètres.
  • Là, la fumée moutonne comme de la laine. Elle est plus épaisse, roulant sur elle-même avec des veines noires.
  • Plié en deux, les yeux pleins de larmes, Rabisto se jette sur le côté de la bowette où l’air est plus respirable. De l’épaule, il frôle les rondins de l’étayage pour se guider. Et d’un coup, la bowette s’ouvre sur une voie en pente raide.
  • Entre deux soubresauts de toux, s’essuyant les yeux avec son béguin, il devine un rougeoiement dans le bas de la voie. Du vieux bois d’étayage tout pourri et déjà devenu braises !
  •          Merde ! gronde Rabisto sous son béguin et pas plus soulagé que ça. Merde de merde ! Il y a le feu dans Cécile !
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Dernière mise à jour : ( 11-03-2010 )
 
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Cafougnette bégaie quand il prononce la lettre B et il n’ose jamais commander une bière.
Patron ! Eune limonate !
Cela dure jusqu’au jour où il se confie au patron.
Te n’sais nin prononceu les B et ché pour cha qu’te t’prives d’bière ? Mais qu’t’es biête ! T’n’as qu’à commindeu un d’mi !
Cha alors ! J’n’y avos jomais pinsé ! Mets-me un d’mi !
Ché parti ! Eune blonde ou bin eune brune ?
Euh...euh... eune limonate !

C’est une institutrice qui est envoyée dans une école dans laquelle les enfants ont un langage patois prononcé.
L’institutrice commence :
Bon, les enfants, vous allez me dire ce que vous avez eu comme cadeau de Noël.
Un premier enfant lève la main et dit :
Mi, à Noël, j’ai eu eune poupée qui piche et qui cante
On ne dit pas cela comme ça, dit l’institutrice. On dit : "Moi , à Noël, j’ai eu une poupée qui fait pipi et qui chante".
Un autre enfant lève la main et dit :
Mi, à Noël, j’ai eu eune carette qui fonce à toute berzing
On ne dit pas cela comme ça, dit l’institutrice. On dit : "Moi , à Noël, j’ai eu une voiture qui roule à toute allure".
Le petit Cafougnette lève la main et dit :
Mi, à Noël, j’ai eu in vélo
C’est très bien, dit l’institutrice, et un beau ?
Nin, in fer

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