14/01/1885 :Fosse 1 à Liévin. Grisou. 28 morts.

MINES DE LIÉVIN

14 JANVIER 1885

«  48 lampes manquent à l’appel…  »

COUP DE GRISOU
à la Fosse N°1 de Liévin
( 10 heures du soir )

28 victimes
et 9 chevaux

LE COURRIER du Pas de Calais
Vendredi 16 janvier 1885
Archives départementales du Pas de Calais
Cote archives : Presse / Bibliothèque : G2/8A

GRAVE CATASTROPHE AUX MINES DE LIEVIN

Un terrible accident, et qui dépasserait encore ceux dont la compagnie de Liévin semble avoir le douloureux privilège depuis quelques années, est arrivé la nuit dernière dans un de ces puits, et, encore une fois par suite d’un coup de grisou. Ce que nous savons jusqu’ici de cette catastrophe est que, dés ce matin dix ouvriers avaient remontés morts. On craignait qu’il n’y en ait encore beaucoup d’autres, et la rumeur publique, à Liévin, portait à vingt-huit le nombre de victimes. Seize chevaux auraient aussi péri. M. l’ingénieur en chef des mines, le général, le préfet, le commandant de gendarmerie, etc., se sont, dés la première nouvelle, portés sur les lieux du sinistre, où se trouvaient déjà le sous préfet et le procureur de la république de Béthune.

6 heures.
Au moment de mettre sous presse, nous recevons de nouveaux et terribles détails sur cet affreux malheur. 22 cadavres on étaient remontés, et tout fait supposer qu’on n’en est pas au bout ; en effet, 48 lampes manquent à l’appel. Il y a donc tout lieu de craindre que ce chiffre ne donne celui des victimes. Il faut renoncer à peindre les scènes de désespoir qui se succèdent depuis ce matin autour du bâtiment où sont déposés les cadavres. L’émotion est d’autant plus grande dans les familles que beaucoup de ces malheureux sont défigurés est rendue méconnaissables par leurs horribles brûlures.
La nouvelle s’est déjà répandue dans tout le bassin de Lens et y produit une véritable consternation. Aussi les bruits les plus sinistres sont accueillis avec une crédulité fâcheuse et exagèrent encore l’étendue de la catastrophe. C’est ainsi qu’à l’heure où notre envoyé quittait Lens, on parlait de 150 victimes. Plaise à Dieu qu’on puisse bientôt démentir cette exagération.


L’AVENIR d’Arras et du Pas de Calais
Vendredi 16 janvier 1885
Archives départementales du Pas de Calais
Cote archives : Presse / Bibliothèque : G22/25

Dernière minute

Une explosion de feu grisou a eu lieu hier à Liévin (Pas-de-Calais), à la fosse n°1. les galeries se sont éboulées sur 800 mètres de longueur. On a relevé jusqu’a cette heure 28 morts. Les travaux de déblaiement offrant beaucoup de difficultés seront très longs.

COUP DE GRISOU trente victimes

Une épouvantable explosion de grisou a eu lieu cette nuit à la fosse n° 1 de Liévin ; A 4 heures du matin on avait constaté dix morts et remonté trois blessés dont deux brûlés grièvement. Il restait dans les galeries un certain nombre d’ouvriers près desquels on n’avait encore pu parvenir à cause des éboulements qui sont considérables. Dès ce matin M ; le préfet du Pas de Calais, M. le sous préfet de Béthune, MM. Les ingénieurs Duporcq et Soubeyran, accompagnés de M. Moreau, garde mine, M. le procureur général, M. le procureur de la République de Béthune, M. le commandant de gendarmerie et M. le lieutenant de gendarmerie de l’arrondissement de Béthune, MM. Les membres du conseil d’administration des mines de Liévin étaient sur le lieu du sinistre et une enquête a été immédiatement ouverte. MM ; les ingénieurs sont descendus dans les fosses où des affaissements de terre assez considérables se sont produits. Le nombre des victimes atteint le chiffre de 30 dont presque pas de blessés. Après la visite des lieux, M. le préfet accompagné du sous-préfet et du personnel de la mine est allé visiter les blessés à leur domicile. Il a mis un secours de 500 francs à la disposition du maire de Liévin, au nom du département.


LA FRANCE DU NORD
samedi 17 janvier 1885
Archives départementales du Pas de Calais
Cote archives : Presse / Bibliothèque : G16/28

Pas de Calais

Une explosion de feu grisou a eu lieu hier à Liévin (Pas de Calais), à la fosse n°1. Les galeries se sont éboulées sur 800 mètres de longueur. On a relevé jusqu’à cette heures 28 morts. Les travaux de déblaiement offrant beaucoup de difficultés seront très longs.

L’INDÉPENDANT du Pas de Calais
Samedi 17 janvier 1885
Archives départementales du Pas de Calais
Cote archives : Presse / Bibliothèque : F141/19

LA CATASTROPHE DE LIÉVIN

Un drame navrant, une catastrophe épouvantable vient de se produire à Liévin. Nous quittons le théâtre de l’accident, l’âme serrée et le coeur gros devant l’étendue du malheur qui frappe un si grand nombre de braves familles de mineurs. Vingt-neuf morts et un blessé, tel est le triste bilan de cette sinistre journée. En moins de 21 mois, c’est la quatrième catastrophe qui se produit à Liévin, c’est la quatrième fois qu’en dépit de précautions et de soins qui dépassent ce qu’on a imaginé de plus parfait dans toutes les minières connues, ce pays est le théâtre d’accidents qui donnent à son nom je ne sais quelle notoriété funèbre et quel lugubre retentissement. Dés que nous avons appris la catastrophe, dit la Dépêche, à qui nous empruntons ces détails, nous sommes immédiatement partis pour ce pays en deuil et si cruellement éprouvé. Sur le parcours, des exagérations formidables se répandent, on parle d’un chiffre de morts et de blessés si considérable, que malgré l’étendue réelle du désastre, on éprouve comme un soulagement en apprenant la vérité. C’est par centaines que ’imagination populaire chiffrait les victimes de la catastrophe. Au moment où nous arrivons à Liévin, la commune est dans un calme relatif. La consternation est sur tous les visages, mais c’est une consternation résignée, sans cris, sans grande manifestation, et peut être plus navrante dans son mutisme que toutes les larmes et que tous les gémissements. Chose effrayante, ces gens là en sont presque arrivés à considérer comme une chose ordinaire, comme chose inévitable, cette fin tragique qui hier frappait leur père, qui frappe aujourd’hui tel ou tel de leurs frères et qui, à leur tour, les frappera demain. Cette espèce de fatalisme résigné est plus poignant que tout ce qu’on saurait dire.

L’EXPLOSION

C’est mercredi à dix heures précises du soir que l’accident s’est produit.

L’explosion a été assez forte pour que les corons bâtis au dessus de la fosse aient ressenti une secousse comme celle d’un tremblement de terre et que pour dans les poêles allumés, on est entendu un bruit sourd semblable à une détonation. L’explosion a eut lieu en même temps à deux degrés de la fosse n°1. Ces étages, dont l’un est à 283 mètres de profondeur et l’autre à 345 mètres, sont reliés entre eux par des pentes, puits d’aérage, etc. C’est ce qui explique comment l’accident à pu se produire simultanément en deux endroits séparés par des gisements de 67 mètres. On sait que le grisou devient explosible lorsqu’il est mélangé à de l’air dans la proportion de huit douzièmes ; on sait qu’en s’enflammant, il s’étend dans des proportions qui correspondent à 700 fois son volume primitif. Il acquiert donc une puissance prodigieuse que décuple les obstacles. Il a une force de projection telle que les pièces de fonte les plus lourdes sont par lui boul……. de terre et projetées à 25 ou 30 mètres. On sait quelle ravage il doit faire. Les buis d’étayage sont enlevés comme des brins de paille et des éboulements multiples se produisant en même temps que, rapide comme la foudre, le coup de grisou brûle et asphyxie les malheureux qu’il rencontre.

LES CAUSES DE L’ACCIDENT

Il serait peut être téméraire de vouloir déterminer, dés maintenant et d’une façon absolue les causes de l’accident. Une enquête est ouverte ; elle se poursuivra avec le soin scrupuleux que messieurs les ingénieurs des mines ont coutume d’apporter dans ces terribles constatations. A l’heure présente, et après avoir entendu un nombre de témoins considérable, nous devons supposer que c’est en mettant le feu à une mine pour l’agrandissement d’un puits que l’accident s’est produit. En effet, à dix heures précises on devait faire sauter la mine. Or, c’est à ce moment que l’accident est arrivé ; le boute feu, chargé de l’opération pour les agrandissements, a été trouvé mort ainsi qu’un de ses aides ; quant à l’autre, il est dans un tel état, qu’il est fort douteux, qu’il survivre à ses blessures. C’est à côté des puits de descente que l’on devait faire sauter la mine ; c’est là qu’on a trouvé le plus grand nombre de victimes.

LES VICTIMES

Nous ne rentrerons pas dans le détail des tentatives de toutes sortes qui ont était faites pour retirer immédiatement du fond les malheureuses victimes, pas plus que nous n’essaierons de raconter par le détail cette inénarrable histoire de la sortie des cadavres. A chaque descente, la berline prend du monde ici c’est un homme asphyxié, là, un homme éventré, au crâne fracassé, gisant à côté d’un ouvrier plus heureux qui n’a été qu’étourdi. Tout cela remonte pêle-mêle et c’est au jour qu’on essaye d’établir l’identité de chacun.
Il faut dire, à la louange de la Compagnie, que les secours ont été organisés avec une telle rapidité que cinq minutes après l’accident, M. l’ingénieur était au fond de la fosse, et qu’un quart d’heure après, quatre victimes étaient déjà remontées. Les éboulements avaient bouchés les courant d’air ; on s’est mis immédiatement en demeure de les rétablir. Soixante quatre ouvriers étaient dans la même fosse. A quatre heures du matin, il n’en manquait plus que dix. Il est vrai qu’il a fallu travailler jusqu’à trois heures de l’après midi pour retrouver ces derniers et s’assurer que personne ne manquait à l’appel. On a retiré de la fosse 27 cadavres et 3 blessés. Parmi les blessés, deux sont morts dans l’après midi. Nous avons vu le troisième, il est dans un état tel qu’il est peu probable qu’il survivre à ses blessures. Le corps n’est qu’une plaie, la tête forme une cloche horrible à regarder, c’est épouvantable. Dans les victimes, on estime qu’il y a environ 8 ou dix célibataires ; les autres sont des pères de familles, l’un même laisse dix pauvres enfants.


LE COURRIER du Pas de Calais
samedi 17 janvier 1885
Archives départementales du Pas de Calais
Cote archives : Presse / Bibliothèque : G2/8A

La Catastrophe de Liévin

La liste des victimes est close ; elle comprend les trente noms que voici : (*la liste officielle est en annexe a la fin de ce recueil )
François Remeau, marié, 7 enfants ; Augustin Bertiaux, célibataire, allait se marier demain samedi ; Léopold Kessend, marié, 4 enfants ; Victor Bertin, idem ; Louis Hainaut (porion), marié ; Noël Chapel, marié ; Louis wautier, id ; Paul Duirand, id ; Alphonse Simon, id ; Emile Manouvrier, id ; Victor Frelin,id ; Emile Glineur, célibataire ; Morel (fils) , id ; Paul Caury, marié, 5 enfants ; François Mathieu,id ; Morel (père), id ; Aimable Milloux, id ; 5 enfants ; Emile Level, id ; René Houdart,id ; Alexis Dieu, id ; Henri Lebrun, id, 14 enfants ; François Legay, id ; Jean Baptiste Legrand, id ; Auguste Heurdequin, célibataire ; Alphonse Waquie, id ; Charles Goetinck, marié ; Joseph Roselet, id. Frère Simon, marié, retiré vivant encore, a succombé plus tard. Il ne reste qu’un seul blessé, mais son état laisse peu d’espoir. C’est lui qui a pu quelques renseignements sur l’explosion. Voici ce qu’il a pu dire aux correspondant du Petit Nord. « Je venais de finir le travail préparatoire pour faire sauter la mine, afin d’agrandir la galerie j’appelai le boute-feu Jean Reumaux qui examina s’il n’y avait pas de grisou, et qui nous dit que c’était en état et qu’on pouvait mettre le feu. Nous prîmes alors nos dispositions et Reumaux alluma la Mèche. Aussitôt une effrayante explosion se produisit… je tombai… Et je ne me rappelle plus ce qui c’est passé ensuite.. »

L’accident c’est produit à dix heures du soir. Les ouvriers qui travaillaient à terre, auprès du puits n° 1, entendirent tout à coup des craquements et, pendant quelques secondes, le sol trembla sous leurs pieds. Puis la détonation se fit entendre et une forte colonne formée de poussières et de gaz asphyxiant, sortit du puits comme une véritable trombe. Les craquements avaient été produits par la destruction violente des volets mobiles qui servent de retour d’air et ferment l’orifice du puits ; ils avaient sauté en l’air et les éclats retombaient au milieu des ouvriers qui se trouvaient là. C’est miracle qu’aucun n’ait été blessé. Les secours furent organisés par MM. Vialat, ingénieur en chef, Simon, ingénieur de la fosse n° 1, Desailly, ingénieur de la fosse 3 et les porions Fénélon et Bizet, dés que la fumée eut cessé. Dés leur sortie de la cage au fond du puits, les sauveteurs se trouvèrent en face d’éboulements considérables qui leur barrèrent le passage. On essaya de tourner la position et la pénétrer par un autre côté, mais là encore existait des éboulements. On se mit au déblaiement, mais à chaque coup de pioche, des gaz s’échappaient par des fissures et menacer d’asphyxier les travailleurs. Vers onze heures, on commença à percevoir quelques gémissements sortant du gouffre où l’on savait soixante-quinze malheureux renfermés. Enfin on parvint à dégager une galerie où se trouvaient 15 mineurs sains et saufs ! On était à 200 mètres du puits. On les transporta au courant d’air, on leurs donna des soins, on leur fit respirer de l’éther ; quand ils se sentirent mieux, ces braves gens vinrent se joindre aux travailleurs ; leurs indications servirent à mieux diriger les recherches, ils désignaient les points où il fallait frapper. Une heure après, on sauvait encore douze mineurs. Une demi-heure écoulée en vigoureux efforts permettaient de retirer dix-sept mineurs sains et sauf. Mais il en manquait encore 31. Sur ces 31 manquants, on retrouve 27 cadavres ! Deux hommes seulement étaient vivants, mais l’un ne devait guère survivre, c’était Simon.- L’autre était le mineur Cornet. Les dégâts sont considérables ; on a constaté plus de 800 mètres d’éboulements. Neuf chevaux ont été brûlés. Les travaux à faire pour rétablir l’extraction du charbon ne pourront être terminé avant un mois. Les mineurs attachés à la fosse n° 1 seront répartis dans les autres, en attendant qu’ils puissent reprendre leur travail. La fosse n° 1 occupe 450 ouvriers ; mais il s’en trouvait 75 seulement, qui avaient pris le travail à 3 heure de l’après midi, et devaient y rester jusqu’à minuit la fosse qui a une profondeur de 315 mètres est exploitée depuis 1859, est une de celles qui ont le meilleur rendement. C’est parce qu’on savait que le personnel employé à la fosse n°1, est habituellement très nombreux, que la rumeur publique put exagérer encore le nombre, malheureusement déjà trop grand, des infortunées victimes. Les funérailles sont fixées demain samedi à onze heures.

LE PAS DE CALAIS
samedi 17 janvier 1885
Archives départementales du Pas de Calais
Cote archives : Presse / Bibliothèque : G53/34

LA CATASTROPHE DES MINES DE LIEVIN.

31 victimes.- 29 morts.

Mercredi, vers dix heures du soir, une forte détonation réveilla en sursaut la population de Liévin. Aussitôt tout le monde fut debout et le bruit courut qu’une catastrophe venait de se produire à la fosse n° 1. Une vive émotion éclata dans toute la ville ; l’on comprend de quelle anxiété chacun était pénétré puisque dans ce moment 75 ouvriers se trouvaient dans la fosse ! Les mines de Liévin semblent sous le coup d’une fatalité qui ne se lasse pas. En février 1882 un coup de grisou faisait quatre victimes, dont 3 tués. En avril, nouvelle explosion qui tuait huit ouvriers et en blessait quatre. Les deux accidents se produisirent à la fosse n°5. Dans la même année, il y eut encore à la fosse n°3 plusieurs morts et plusieurs blessés. Enfin aujourd’hui à la fosse n°1 nous avons 29 morts, 1 blessé grièvement, 1 disparu. La foule arriva bientôt autour de cette fosse, elle était terrifiée devant ce puits, vomissant une fumée épaisse ; les mineurs étaient désespérés en songeant à leurs camarades, qui, au nombre de 75, étaient au fond de ce gouffre. La fosse n°1 occupe 450 ouvriers environ ; mais heureusement 75 seulement, qui avaient pris le travail à 3 heures de l’après midi, devaient y rester jusqu’à minuit. Les secours furent organisés par les ingénieurs de service. La fumée ayant cessée, il purent descendre dans la fosse et reconnurent l’endroit où l’accident s’était produit ; ils firent prendre immédiatement les mesures pour opérer le sauvetage.
Les chariots furent préparés et les médecins se groupèrent prés de l’orifice du puits.
Au fond du puits, les sauveteurs s’avancèrent résolument et se trouvèrent tout à coup en face d’une catastrophe horrible, qu’ils étaient loin de prévoir ; des éboulements considérables leurs barrèrent le passage. L’explosion était produite justement dans la galerie d’aérage, située à environ quatre vingt mètres du puits.
Les sauveteurs tournèrent la position et essayèrent d’y pénétrer par un autre côté, mais là ils se trouvèrent encore en présence d’éboulements. Alors, sans perdre de temps, on attaqua vigoureusement l’endroit où la conduite d’air avait été coupée par un éboulement afin de la rétablir, mais à chaque coup de pioche, des gaz s’échappaient par des fissures et menaçaient d’asphyxier les travailleurs. Trois fois ils abandonnèrent leur dangereuse tâche et trois ils la reprirent courageusement.

Après des efforts inouïs ; on avança, vers onze heures, on commença à percevoir quelques gémissements partant du gouffre où l’on savait 75 malheureux renfermés, en proie à d’immenses terreurs. Quelques cris furent entendus, ce qui redoubla le courage des travailleurs. Un drame saisissant se passait dans ce souterrain. Mais on réussi a dégager une galerie où se trouvait 15 mineurs sains et saufs ! On était à 100 mètres du puits. On les transporta au courant d’air, on leur donna des soins, on leur fit respirer de l’éther, et quand ils se sentirent mieux, ces braves gens virent se joindre aux travailleurs, et leurs indications servirent à mieux diriger leurs recherches ; ils désignaient les points où il fallait frapper. Une heure après, on sauvait encore douze mineurs blottis derrière une porte. Une demi heure écoulée en vigoureux efforts permettait de retirer de nouveau dix-sept mineurs sains et saufs. Mais il en manquait encore 31 ! Ici le drame prend de lugubres proportions : Sur ces 31 manquants, on retrouve 27 cadavres ! Deux hommes seulement étaient vivants, mais dans un pitoyable état. On retrouvait les corps brûlés ou asphyxiés, ça et là, dans des positions qui dénotaient l’affolement auquel avaient livrés ces malheureux, cherchant à fuir la mort qui les étreignait. Enfin, jeudi, à deux heures de l’après midi, le dernier cadavre était remonté au jour. La gendarmerie, qui était survenue, maintenait l’affluence du monde éloignée de la fosse, afin de laisser les secours se produire plus à l’aise. Mais elle avait grande peine à contenir cette foule affluée et en proie à de terribles angoisses. Ces femmes et enfants qui attendaient les unes leurs maris, les autres leurs pères, offrait un spectacle navrant. M. Parent, directeur général des mines, et M. Schmitt, maire de Liévin, et Lequette, de Lens, dans leur triste besogne. Chaque fois qu’un cadavre était reconnu on appelait la famille, à laquelle on livrait la lamentable épave. On entendait plus alors que des sanglots qui éclataient à la suite des lugubres cortèges. Il y a une famille Morel dont le père et le fils aîné ont été tués ; les frères Simons ont été tués tous les deux. E la pauvre femme Lebrun qui reste veuve avec quatorze enfants ! Ah ! Que la charité vienne en aide à ces grandes infortunes !… La plupart des victimes sont d’origines Belge ; deux seulement étaient célibataires. La seule de ces 31 victimes qui ne soit pas mort, survivra probablement à ses blessures, c’est le mineur Cornet ? Qui était chargé de préparer avec un de ces camarades, le trou de mine où l’on plaça la dynamite. Il a pu donner quelques détails sur ce qui s’est passé. « Je venais de finir dit il le travail préparatoire pour faire sauter la mine, afin d’agrandir la galerie ; j’appelai la boutefeu, Jean Reumaux, et qui examina s’il n’y avait pas de grisou, et qui nous dit que c’était en état et qu’on pouvait mettre le feu. Nous primes alors nos dispositions et Reumeaux alluma la mèche. Aussitôt une effrayante explosion se produisit… je me sauvait et je tombait presque aussitôt… Et je ne me rappelle plus ce qui s’est passé ensuite.. » Il résulte de l’enquête faite par les ingénieurs de la compagnie et par M. Duporcq, ingénieur en chef des mines, et Soubeyrau, ingénieur, après la déclaration du mineur Cornet, que la cause de l’explosion est l’enflamment de la poussière de charbon qui s’adapte aux boiseries qui forment les galeries. Ce qui corrobore cette opinion, c’est que dans la galerie où à eu lieu l’explosion, il existe un courant d’air qui ne permet pas au grisou d’y séjournée. Les dégâts sont considérables, on a constaté plus de 800 m d’éboulement. Neuf chevaux ont été brûlés. Les travaux à faire pour rétablir l’extraction du charbon ne pourront être terminés avant un mois. Les mineurs attachés à la fosse n°1serontrépartis dans les autres, en attendant qu’ils puissent reprendre leur travail. Nous ne connaissons pas encore le nombre d’orphelins ; on nous en a désigné 35 appartenant à cinq ménages seulement. On frémit quand on songe que si l’explosion s’était produite au moment où les 450 ouvriers sont à la fosse, on aurait eu à compter plusieurs centaines de victimes. La compagnie possède une caisse de secours, sur laquelle nous avons pris quelques renseignements. Elle donne 32 francs par mois à unes veuve, 8 francs à chaque garçon et six francs à chaque fille jusqu’à l’âge de douze ans. Si la veuve vient à se marier, elle perd sa rente, mais elle reçoit deux années de pension comme dot. Le fond de la caisse de secours se compose de 3p. 0,0 prélevé sur le salaire des ouvriers et de 1 0,0 pris sur les bénéfices de la compagnie. On remarquait sur les lieux M. le préfet du Pas de Calais, le sous préfet de Béthune, le commandant de gendarmerie de Lens, etc. Le préfet, accompagné du sous préfet et du personnel de la mine, est allé visiter les blessés à leur domicile. Il a mis un secours de 500 francs à la disposition du maire de Liévin, au nom du département. Les funérailles ont eu lieu aujourd’hui à onze heures du matin. Le procureur général et le préfet y assisteront. Ces renseignements que nous empruntons au Petit Nord sont conformes à ceux que nous avons reçus nous mêmes. Monseigneur l’évêque d’Arras s’est rendu aujourd’hui à Liévin.

LE MEMORIAL ARTESIEN
dimanche 18 janvier 1885
Archives départementales du Pas de Calais
Cote archives : Presse / Bibliothèque : G75/16

Pas de calais – Nord
LIEVIN – Une explosion de grisou s’est produite dans la fosse N°1 des mines de Liévin (Pas de Calais), avant-hier matin. Le nombre de victimes est de 30. On a retrouvé actuellement 28 morts et deux blessés plus ou moins grièvement.
On ne sait encore a quelle cause attribuer cette épouvantable catastrophe, qui plonge dans la désolation tout le bassin houiller de Lens. La fosse N°1, où l’explosion s’est produite, est la première qui est été creuse à Liévin. Depuis trois ans, elle avait un puits jumel, celui qui porte le N°5.
Tous les perfectionnements connus été depuis longtemps apportés dans l’aérage de la fosse et une imprudence seule a pu occasionner l’explosion du grisou. A qui doit elle être imputée ? on ne saura jamais sans doute, car tous les témoins de l’accident ont trouvés la morts. MM. Duporcq. Ingénieur en chef des mines et Soubeiran, ingénieur ordinaire du service d’Arras, ont commencé une enquête sur cette terrible catastrophe, mais cette enquête n’a pas pu encore montrer d’une façon positive la cause de l’explosion. Les ingénieurs croient cependant qu’elle doit être attribuée à l’inflammation subite des poussières de charbon qui se fixent sur les parois des galeries.
Sur les lieux du sinistre sont demeurés en permanence : MM Bancelin, sous-préfet de Béthune. Dulau, procureur de la République, Lenormand, substitut, Sallerin, commandant de Gendarmerie, etc.
Des souscriptions ont été immédiatement ouvertes dans toutes les communes des environs. L’Avenir d’Arras a également ouvert une souscription dans ces bureaux. M. le ministre de l’intérieur a promis par dépêche des secours aux familles des mineurs. Aux obsèques des victimes qui auront lieu demain dimanche aux frais de la compagnie, M. Vel Durand prononcera un discours. Les dégâts matériels, occasionnés par les éboulements sont considérables : neuf chevaux, qui traînaient des wagonnets ont étés tués. On ne travaillera pas à la fosse N°1, avant un mois au moins. Il y a deux ans a peine, le 16 avril 1883, un terrible accident, attribué au feu de grisou, arrivait a la fosse N°5. aujourd’hui nous avons a enregistrer une nouvelle catastrophe, plus terrible encore que celle de 1883 , on compte en effet, cette fois, vingt-huit morts et deux blessés, blessés si grièvement qu’on désespèrent les sauver.


L’AVENIR d’ARRAS et du Pas de Calais
dimanche 18 janvier 1885
Archives départementales du Pas de Calais
Cote archives : Presse / Bibliothèque : G22/25

LES VICTIMES DE LIEVIN

La catastrophe de la fosse n°1 des mines de Liévin s’est produite mercredi soir, vers dix heures, au moment où les ouvriers faisaient sauter une mine. L’explosion eu lieu justement dans la galerie d’aérage, située à environ 80 mètres du puits. On l’attribue autant, si ce n’est plus, l’inflammation du poussier impalpable de charbon qui couvrait les galeries qu’à la présence du grisou dont on n’avait pas trouvé trace avant d’allumer la mèche. Il se trouvait en ce moment 75 ouvriers dans la mine. Les secours furent immédiatement organisés par MM. Vialat, ingénieur en chef, Simon, ingénieur de la fosse n°1, Desailly, ingénieur de la fosse n°3 et les porions Fénélon et Bizet. Vers onze heures, à 200 mètres du puits, on parvint a dégager une galerie où se trouvaient 15 mineurs sains et sauf qui, après quelques soins, virent se joindre aux travailleur et donner des indications pour les recherches. Une heure après, on trouvait encore 12 mineurs, puis après une demi-heure 17 autres. On trouva enfin 3 blessés, dont deux grièvement blessés et qui sont décédés depuis. Puis au fur et à mesure des travaux de dégagement des galeries écroulées, poursuivi jusqu’à 2 heures de l’après midi, 27 cadavres affreusement brûlés et mutilés ont été retrouvés. Au total 29 victimes dont voici les nom :
Morts : François Reumeaux, marié, 7 enfants ; Augustin Bertiaux, célibataire, allait se marier demain samedi ; Léopold Kessend, marié, 4 enfants ; Victor Bertin, idem ; Louis Hainaut (porion), marié ; Noël Chapel, marié ; Louis wautier, id ; Paul Duirand, id ; Alphonse Simon, id ; Emile Manouvrier, id ; Victor Frelin, id ; Emile Glineur, célibataire ; Morel (fils) , id ; Paul Caury, marié, 5 enfants ; François Mathieu,id ; Morel (père), id ; Aimable Milloux ,id ; 5 enfants ; Emile Level, id ; René Houdart, id ; Alexis Dieu, id ; Henri Lebrun, id, 14 enfants ; François Legay,id ; Jean Baptiste Legrand, id ; Auguste Heurdequin, célibataire ; Alphonse Waquie, id ; Charles Goetinck, marié ; Joseph Roselet, id, Frère Simon, marié. Grièvement blessés : Dumas Cornet, marié. Les victimes laissent de nombreux orphelins. Les dégâts matériels sont considérables ; les éboulements se sont étendus sur une longueur de 800 mètres. Neuf chevaux ont été brûlés. Nous avons dit hier qu’à la première nouvelle de l’accident, M. le préfet du Pas-de-Calais, M. le sous préfet de Béthune, MM. Les ingénieurs Duporcq et Soubeyran, accompagnés de M. Moreau, garde mine M. le procureur général, M. le procureur de la république de Béthune, M. le commandant de gendarmerie et le lieutenant de gendarmerie de l’arrondissement de Béthune, s’étaient rendus sur les lieux et que M. le préfet avait visité les familles des victimes et avait laissé à leur intention, au nom du département un secours de 500fr. M. Déprez, député s’était également rendu à Liévin. Les membres du conseil d’administration des mines sont arrivés vers deux heures et ont tenu conseil. Les funérailles des victimes sont fixées à demain, samedi a dix heures du matin. Monsieur le procureur général, et Monsieur le préfet y assisteront.

NOTRE SOUSCRIPTION
Nous ouvrons aujourd’hui dans les bureaux de l’Avenir, une souscription en faveur des malheureuses victimes de la catastrophe de Liévin. Nous espérons que l’appel que nous adressons sera entendu et que nos concitoyens auront à coeur d’atténuer dans la mesure du possible les infortunes qui viennent de créer tant de deuils.

CONCERT

Nous apprenons que la Fanfare du commerce donnera, – très probablement dimanche 25 courant, – à 8 heures du soir au théâtre un concert au bénéfice des familles de la catastrophe de Liévin. Nos concitoyens tiendrons certainement a s’associer a la généreuse pensée de la fanfare.

L’EXPRESS du Nord et du Pas de Calais
dimanche 18 janvier 1885
Archives départementales du Pas de Calais
Cote archives : Presse / Bibliothèque : F129/2

L’explosion de Liévin.- Vingt deux cadavres ont été remontés, et tout fait supposer qu’on n’en est pas au bout ; en effet, 48 lampes manquent à l’appel. Il y donc lieu de craindre que ce chiffre ne donne celui des victimes. Il faut renoncer à peindre des scènes de désespoir qui succèdent depuis ce matin autour du bâtiment où sont déposés les cadavres. L’émotion est d’autant plus grande que dans les familles, que beaucoup de ces malheureux sont défigurés et rendus méconnaissables par leurs horribles brûlures. La nouvelle s’est déjà répandus dans tout le bassin de Lens et y produit une véritable consternation. Aussi, les bruits les plus sinistres sont accueillis avec une crédulité fâcheuse et exagèrent encore l’étendue de la catastrophe. On parle de 150 victimes. C’est la troisième catastrophe qui se produit dans les fosses de la compagnie de Liévin. La première, il y a six ans, a fait sept victimes, et la deuxième, en 1881 en a fait onze. On ne connaît pas encore les causes de la catastrophe. Tous les perfectionnements ont été appliqués depuis longtemps par l’ingénieur en chef, pour mettre les mineurs à l’abri des coups de grisou. La fosse n°1, où s’est produite la catastrophe, est la première qui ait été creusée à Liévin. Les ingénieurs qui sont descendus hier et ce matin dans la fosse ont constaté un bouleversement et un affaissement de terrain produit par la violence de l’explosion. On a constaté qu’au moment de la catastrophe soixante-deux mineurs étaient descendus dans le puits. M. Vel-Durand a distribué hier un premier secours de 500 francs aux familles des victimes. Le ministre de l’intérieur vient d’adresser une somme pour les veuves et les orphelins de cette catastrophe.

L’AVENIR d’Arras et du Pas de Calais
dimanche 18 et lundi 19 janvier 1885
Archives départementales du Pas de Calais
Cote archives : Presse / Bibliothèque : G22/25

La catastrophe de Liévin
Les funérailles des Victimes.

Ce matin, à onze heure, ont eu lieu à Liévin les obsèques des victimes de la catastrophe de mercredi soir. Des fosses les plus éloignées, aussi bien que toutes les localités environnantes, on avait tenu à rendre un suprême hommage de sympathie à ces martyrs du travail, à exprimer un témoignage de profond intérêt à leurs familles. La cérémonie, dans son imposante simplicité, a été navrante. On entendait de tous côtés les sanglots et les cris de désolation des malheureux qui avaient perdu un des leurs. En tête du cortège, marchaient les pompiers de Lens, puis la musique de cette ville et celle de Liévin qui jouaient des marches funèbres. Venaient ensuite des délégations nombreuses portants couronnes, enfin quatre énormes fourgons voilés de noir, renfermant les restes des victimes. Un grand nombre de notabilités politiques et administratives du département s’étaient jointes au cortège. Prés de M. Vel-Durand, préfet du Pas-de-Calais, qu’accompagnait M. Beau, son secrétaire particulier, nous avons remarqué M. Schmidt, maire de Liévin, M. le général de division Bardin, assisté de son aide de camp, M. le procureur général prés de la cour de Douai, et le Président du tribunal de Béthune, M, le sous-préfet Bancelin, M. Dupuich maire de Béthune, M .le maire de Lens, M. Victor Piéron, maire d’avion, et de nombreux maires et adjoints des villes et communes voisines ; MM. Gerbore , Paul Brasme et Hache, conseillers d’arrondissement ; M. Sandrard, inspecteur général de l’exploitation du chemin de fer du Nord, en résidence à Arras ; M. Soubeyran, ingénieur des mines, M. Ridoux, directeur des postes du département ; M. le commandant de la gendarmerie du Pas-de-Calais ; M. Arthur Stiévenard, ancien sous préfet. La compagnie des mines de Liévin était représentée aux funérailles par M. Parent, son agent général, son ingénieur M. Viala et tout son conseil d’administration. Les concessions voisines avaient également dans le cortège leurs ingénieurs et des membres de leur conseil d’administration. Quatre des victimes qui étaient protestantes, ont été accompagnées au champ du repos par des ministres de leur culte. Ceux-ci ont prononcés sur leur cercueil des allocutions touchantes que nous serions heureux de pouvoir reproduire. Puis, après l’achèvement, sur la tombe des autres victimes, des cérémonies catholique, M. le Préfet, au milieu de l ‘émotion générale, a pris la parole en ces termes :

Messieurs,
L’évènement qui a fait tant de victimes n’a pas porté le deuil seulement dans les familles de ceux que nous pleurons. Le pays tout entier a été atteint. Aussi, au nom du département, je viens apporter sur la tombe de ceux qui sont morts en accomplissant le plus saint des devoirs, l’hommage de notre respect et à leurs familles l’expression de nos vives sympathies. Ce n’est pas un discourt qui pourrait calmer les grandes douleurs que nous avons devant nous. Nous ne pouvons que les saluer respectueusement en espérant que ceux qui sont atteints se sentiront aussi touchés des sympathies qui les entourent. Mais il est un devoir qu’aux bords même de cette fosse, je tiens à remplir. Au nom même des morts que nous pleurons, au nom de leurs familles, au nom du pays, je tiens à rendre hommage au dévouement dont, en cette circonstance, ouvriers, chefs, ingénieurs ont fait preuve. Vous tous avez été les témoins de leur courage. Tous indistinctement, sans compter avec les nouveaux deuils qui pouvaient atteindre leur maison, se sont précipités, au moment de la catastrophe, pour tenter d’enlever à la mort quelques unes des ces victimes. Leur noble conduite montre mieux que tous les discours combien est puissante et réelle cette solidarité qui unit, à tous degrés de la hiérarchie, les membres de la grande famille des travailleurs. Puisse cette triste journée laissée aux familles si éprouvées avec ce souvenir des affections brisées celui du dévouement qui a été témoigné à ceux qu’elles pleurent. Que leurs enfants y joignent une pensée de reconnaissance pour ceux qui ont, au prix de leur propre vie, cherché à leur sauver leur père, et qu’ils gardent gravés au fond de leur cœur ces nobles exemples de dévouement et de fraternité. Au nom de la société de Liévin, un des membres de son conseil d’administration, M. Dutemple, avocat à Cambrai, a exprimé aux familles des malheureux ouvriers toutes les sympathies de la société et leur a donné l’assurance que son appui ne leur manquerait pas. Sur la demande de M . le préfet, M. le Ministre de l’intérieur vient d’accorder un secours de 2,000 fr aux familles des victimes de Liévin. Nous nous empressons d’annoncer que, sur la proposition de M. l’Inspecteur d’Académie, M. le Préfet vient d’autoriser l’ouverture dans les écoles publiques du département d’une souscription destinée à venir en aide aux des malheureuses victimes de la catastrophe de Liévin. La souscription, bien entendu, doit conserver le caractère d’offrandes volontaires ; mais nous connaissons assez nos instituteurs pour être persuadé que leurs élèves et eux se feront un devoir de s’associer à cette oeuvre de bienfaisance. Après la cérémonie funèbre un comité a été constitué, sous la présidence de M. Déprez, député, dans le but de recueillir et de centraliser les souscriptions. Nous donnerons lundi la composition de ce comité. Nous trouvons dans le Petit Béthunois la lettre suivante que nous nous empressons d’insérer :
Monsieur le Rédacteur,
Une terrible explosion de grisou dans le puits n) 1 des mines de Liévin, occasionnant la mort de 28 ouvriers mineurs, vient de jeter la construction dans la population minière de notre arrondissement. Des listes de souscription pour venir en aide aux malheureuses familles atteintes par cette catastrophe vont En attendant, je vous prie d’annoncer que j’abandonne volontiers, aux victimes de Liévin, l’indemnité qui me sera alloué pour les élections sénatoriales et dans l’espoir d’être suivi par tous mes collègues, je vous prie de croire à mes meilleurs sentiments.
A.MAHIEU, Délégué sénatorial.

M. le docteur Marmottan, président du conseil d’administration des mines de Bruay a adressé 1,000 francs aux victimes de Liévin.
Aussitôt l’accident de la fosse n°1 connu à Liévin, un comité s’est constitué pour recevoir, centraliser et distribuer les secours aux familles des victimes. Ce comité est ainsi composé :
M. le maire de Liévin, président ;
M. Isidore Caron, adjoint, vice-président ;
M. Pamart, adjoint, secrétaire trésorier ;
M. le curé de Liévin ;
M. Blon pasteur évangélique ;
M. Dinoir, ingénieur de la fosse 3 des mines de Lens ;
M. Auguste Laurent, conseiller municipal ;
M. Louis Bla, conseiller municipal ;
M. Buisine, conseiller municipal ;

Le comité adresse un chaleureux appel à la bienfaisance publique ; il espère qu’en présence de l’étendue du malheur, cet appel sera entendu. Adresser les souscriptions et offrandes à M. Pamart, adjoint au maire, brasseur à Liévin, secrétaire trésorier du comité.
M. l’évêque d’Arras a tenu à donner une marque de sa sollicitude aux familles des victimes de l’accident. Malgré la rigueur de la saison, il a visité hier, individuellement, tous les parents des victimes, leur apportant les consolations les plus affectueuses et laissant dans chaque maison, d’importantes offrandes. La population a été extrêmement sensible à cette visite touchante de son premier pasteur. L’administration des mines de Liévin reçoit de toutes parts des témoignages de sympathie et d’importantes offrandes destinées aux familles des ouvriers mineurs victimes de l’accident du 14, à la fosse n°1. Dans l’impossibilité où elle se trouve d’y répondre en ce moment, elle emprunte la vois de la presse pour exprimer en son nom et au nom de sa grande famille ouvrière, sa reconnaissance à toutes les personnes qui veulent bien lui donner des marques d’intérêt dont elle est profondément touchée. Les ouvriers mineurs ne souffriront par suite de l’accident.

NOTRE SOUSCRIPTION

Nous remercieront nos amis de l’empressement qu’ils ont mis à répondre a notre appel en faveur des malheureuses victimes de Liévin. Nous publions Lundi notre première liste.


L’AVENIR d’Arras et du Pas de Calais
Mardi 20 janvier 1885
Archives départementales du Pas de Calais
Cote archives : Presse / Bibliothèque : G22/25

Le recueil de 13 listes de dons, du 20 janvier au 11 mars est à la fin de cette étude.
Souscriptions recueillies par « le comité de Liévin. »
M. Raynal, ministre des travaux publics, ne pouvant venir, en assistant lui même aux funérailles des victimes de l’accident de Liévin, donner à la population minière une nouvelle preuve de l’intérêt que lui porte le gouvernement de la République, avait chargé M. Chancourtois, inspecteur général des mines de l’y représenter. Par suite du malentendu qui a fait également croire dans une partie de la région, que le service n’aurait lieu que le dimanche, M. l’Inspecteur général est arrivé seulement dimanche matin ; il est descendu immédiatement dans la fosse n° 1, visiter les lieux où l’explosion s’est produite. Le Petit Nord publie l’allocution prononcée aux funérailles des victimes de Liévin, par M. Dutemple, avocat à Cambrai, au nom du conseil d’administration des mines de Liévin. Nous complétons notre compte rendu de samedi en donnant aujourd’hui le texte de cette allocution qui témoigne du profond intérêt que la compagnie des mines de Liévin porte aux malheureuses victimes de la catastrophe. M. Dutemple s’est exprimé en ses termes : « Messieurs,»

C’est au nom du conseil d’administration de la Compagnie de Liévin que je prends la parole pour dire un dernier adieu à ceux de nos malheureux ouvriers que nous accompagnons jusqu’à leur dernière demeure, et pour remercier chacun de vous du témoignage de sympathie qu’il nous apporte par sa présence à cette funèbre cérémonie. Certes, si, en présence d’une catastrophe aussi effroyable que celle qui vient de nous atteindre, il est pour nous quelque consolation, c’est de voir que tous ceux qui, comme vous, sont animés de nobles sentiments, compatissent à nôtre affection et à nôtre douleur ; c’est aussi d’être pénétrés de cette conviction, que nul calcul, nulle prévision humaine ne pouvaient la faire soupçonner ; c’est enfin, d’avoir la conscience que tout à été fait pour combattre ou en atténuer les terribles effets. Et maintenant que nous avons rempli ce premier devoir de la reconnaissance en vous adressant à tous, à quelque titre que vous soyez ici, parents ou amis, l’expression de notre plus vive gratitude, nous n’oublierons pas qu’il nous en incombe deux autres : » Le premier c’est de remercier MM. Les ingénieurs, employés et ouvriers qui ont concouru avec tant de dévouement au sauvetage sans tenir compte du danger qu’ils couraient eux mêmes, n’envisageant que le but à atteindre. » Le second, le plus impérieux de tous, c’est de secourir, comme il convient à des gens de coeur de le faire, les veuves et les orphelins de ceux qui ne sont plus ; nous n’oublierons pas leurs mères, leurs pères étaient de la grande famille dont les circonstances nous ont fait les chefs ; nous ferons pour soulager leurs souffrances tout ce qui dépendra de nous dans les plus larges limites du juste et de l’équitable. » Dormez donc en paix, braves travailleurs, malheureuses victimes d’un affreux accident. Vos camarades, et ceux dont vous avez été les fidèles serviteurs vous adresse un dernier adieu.

L’AVENIR d’Arras et du Pas de Calais
Mercredi 21 janvier 1885
Archives départementales du Pas de Calais
Cote archives : Presse / Bibliothèque : G22/25

CATASTROPHE DE LIEVIN
COMITÉ CENTRAL
DE SECOURS

LE COMITE CENTRAL se compose de :
MM. André Déprez, député, conseiller général, maire d’Harnes et Bancelin, sous préfet de Béthune, présidents.
Le docteur Marmottan, président des mines de Buay.
Dupuich, maire de Béthune.
Mahieu-Sauvage, adjoint au maire de Béthune.
Le Docteur Haynaut, conseiller d’arrondissement à Béthune.
Legrelle, conseiller général, maire d’Arras.
Ricouart, adjoint au maire d’Arras.
A.Lenglet, adjoint et conseiller d’arrondissement d’Arras.
Deconinck, négociant à Arras.
Hache, conseiller d’arrondissement, maire de Loison.
P. Brasme, conseiller d’arrondissement, à Bully-Grenay.
Poirrier, maire de lens.
A.Hugo, agriculteur à lens.
Stiévenart, industriel à lens.
Schmidt, maire de Liévin.
Isidore Camus, adjoint au maire de Liévin.
Le Comité Central prie toutes les personnes qui veulent bien s’intéresser à son œuvre de constituer des comités locaux pour recueillir les offrandes et faire circuler des listes de souscriptions. Les comités locaux sont invités à vouloir bien se mettre, dès le moment de leur formation, en rapport avec le Comité Central. La Compagnie des mines de Lens vient d’envoyer un secours de 2,000fr. en faveur des veuves et des enfants des victimes. Dans la nuit même de l’accident, elle avait mis toutes ses ressources à la disposition de la Société de Liévin pour le sauvetage et envoyé ses ingénieurs pour y coopérer par eux-mêmes. M. l’ingénieur Dinoire n’a pas cessé de seconder ses collègues de Liévin dans la direction des travaux et la recherche des victimes et il l’a fait avec un dévouement absolu.
Ajoutons que, le jour des funérailles, la Compagnies des mines de Lens à fait interrompre le travail de la fosse N°3, afin de permettre aux ouvriers employés à cette fosse. Ouverture d’une souscription dans les écoles publiques du département. M. l’inspecteur d’Académie vient d’adresser la lettre suivante à Mesdames les Institutrices et Directrices d’Ecoles maternelles publiques, à Messieurs les Instituteurs publics du département : Arras, le 17 janvier 1885

Mesdames les Institutrices, Messieurs les Institutaeurs,
Vous connaissez déjà la catastrophe de Liévin : 28 ouvriers sont morts, laissant leurs familles dans une affreuse misère. M. le Préfet a pensé que les mitres et les élèves de nos écoles publiques tiendraient à honneur de venir en aide, dans la limite de leurs modestes ressources, aux veuves et aux enfants des malheureuses victimes. Sur ma proposition, ce haut magistrat vient d’autoriser l’ouverture d’une souscription dans toutes les écoles. En portant cette décision à votre connaissance, je tiens, Mesdames les Institutrices et Messieurs les Instituteurs, à bien déterminer le caractère de la souscription que nous ouvrons. Vous ne perdrez pas de vue ce que nous vous avons rappelé dans l’Organisation Pédagogique récemment publiée ; Vous n’oublierez pas que, si la charité et aussi obligatoire que la justice, elle est plus indépendante ; que sa beauté est précisément dans liberté… Les cotisations par vous recueillies devront donc rester absolument volontaires, et aucune pression ne devra être exercée sur les élèves. Mais j’ai la conviction que, vous inspirant de l’horrible catastrophe qui vient de se produire, vous y trouverez le sujet d’une touchante leçon sur la charité ; et je ne doute pas que, après vous avoir entendus, vos élèves ne se fassent tous un devoir de s’associer à cette œuvre de bienfaisance, montrant ainsi que la solidarité, la fraternité humaine n’est point une vaine formule, inscrite seulement dans nos programmes, mais un sentiment généreux et fécond gravé au fond des cœurs. J’ajouterai que ce que nous devons rechercher avant tout, c’est la souscription personnelle de l’enfant, s’imposant un sacrifice afin de prélever la part du pauvre sur la petite somme qui lui est allouée, chaque dimanche, pour achat de friandises ou pour menus plaisirs. Si même, cette semaine le sou de la caisse d’épargne, le sou des bibliothèques devaient avoir une autre destination, nous ne saurions nous en plaindre…
Les cotisations perçues dans chaque école seront envoyées avant le 28 du présent mois à l’instituteur public du chef lieu de canton, qui sera chargé de me les faire parvenir. Ce fonctionnaire recevra en temps utile des instructions). Je vous remercie à l’avance, Mesdames les Institutrices et Messieurs les Instituteurs, du concours empressé que vous apporterez à cette manifestation de la charité publique, et vous renouvelle l’assurance de ma considération très distinguée.
L’inspecteur d’Académie, RIDOUX


L’AVENIR de Saint Pierre du :
Jeudi 22 janvier 1885
Archives départementales du Pas de Calais
Cote archives : Presse / Bibliothèque : G191/9

LA CATASTROPHE DES MINES DE LIÉVIN

Mercredi, vers dix heures du soir, une forte détonation réveilla en sursaut la population de Liévin. Aussitôt tout le monde fut debout et le bruit courut qu’une catastrophe venait de se produire à la fosse n°1. Une vive émotion éclata dans toute la ville ; l’on comprend que quelle anxiété chacun était pénétré puisque dans ce moment 75 ouvriers se trouvaient dans la fosse 1. Les mines de Liévin semblent sous le coup d’une fatalité qui ne se lasse pas. En février 1882 un coup de grisou faisait quatre victimes, dont 3 tués. En avril, nouvelle explosion qui tuait huit ouvriers et en blessait quatre. Les deux accidents se produisirent à la fosse n°5. Dans la même année, il y eut encore à la fosse n°3 plusieurs morts et plusieurs blessés. Enfin aujourd’hui à la fosse n°1 nous avons 29 morts, 1 blessé grièvement, 1 disparu. La foule arriva bientôt autour de cette fosse, elle était terrifiée devant ce puits, vomissant une fumée épaisse ; les mineurs étaient désespérés en songeant à leurs camarades, qui étaient au fond de ce gouffre. Les secours furent organisés par les ingénieurs de services. La fumée ayant cessée, il purent descendre dans la fosse et reconnurent l’endroit où l’accident s’était produit ; ils firent prendre immédiatement les mesures pour opérer le sauvetage. Les chariots furent préparés et les médecins se groupèrent auprès de l’orifice de la fosse. Au fonds du puits, les sauveteurs s’avancèrent résolument et se trouvèrent tout à coup en face d’une catastrophe horrible, qu’ils étaient loin de prévoir ; des éboulements considérables leur barrèrent le passage. L’explosion s’était produite justement dans la galerie d’aérage, située à environ quatre-vingt mètres du puits. Les sauveteurs tournèrent la position et essayèrent d’y pénétrer par un autre côté, mais là ils se trouvèrent encore en présence d’éboulements. Alors, sans perdre de temps, on attaqua vigoureusement l’endroit où la conduite d’air avait été coupée par un éboulement afin de la rétablir, mais a chaque coup de pioche, des gaz s’échappaient par les fissures et menaçaient ’asphyxier les travailleurs. Trois fois ils abandonnèrent leur dangereuse tâche et trois fois ils reprirent courageusement. Après des efforts inouïs ; on avança, vers onze heures, on commença à percevoir quelques gémissements partant du gouffre où l’on savait 75 malheureux renfermés, en proie à d’immenses terreurs. Quelques cris furent entendus, ce qui redoubla le courage des travailleurs. Un drame saisissant se passait dans ce souterrain. Enfin, on parvint à dégager une galerie où se trouvaient 15 mineurs sains et saufs ! On était à 200 mètres du puits. On les transporta au courant d’air, on leur donna des soins, on leur fit respirer de l’éther, et quand ils se sentirent mieux, ces braves gens vinrent se joindre aux travailleurs, et leurs indications servirent à mieux diriger les recherches : ils désignaient les points où il fallait frapper. Une heure après, on sauvait encore douze mineurs blottis derrière une porte. Une demi-heure écoulée en vigoureux efforts permettait de retirer de nouveau dix-sept mineurs sains et saufs.
Mais il en manquait 31 ! Ici le drame prend de lugubres proportions :

Sur ces 31 manquants, on retrouve 27 cadavres ! deux hommes seulement étaient vivants, mais dans un pitoyable état. On retrouvait les corps brûlés ou asphyxiés, ça et là, dans des positions qui dénotaient l’affolement auquel avaient été livrés ces malheureux, cherchant à fuir la mort qui les étreignait. Enfin, jeudi, à deux heures de l’après-midi, le dernier cadavre était remonté au jour. La gendarmerie, qui était survenue, maintenait l’affluence du monde éloignée de la fosse, afin de laisser les secours se produire plus à l’aise. Mais elle avait grande peine à contenir cette foule affolée et en proie à de terribles angoisses. Ces femmes et enfants qui attendaient les unes leurs maris, les autres leurs pères, offraient un spectacle navrant. Chaque fois qu’un cadavre était reconnu, on appelait la famille, à laquelle on livrait la lamentable épave. On n’entendait plus alors que des sanglots qui éclataient à la suite des lugubres cortèges. Il y a une famille dont le père et le fils aîné ont été tués. Une malheureuse femme reste veuve avec quatorze enfants ! La plupart des victimes sont d’origine belge ; deux seulement étaient célibataires. La seule des 31 victimes qui ne soit pas morte, survivra probablement à ses blessures, c’est le mineur Cornet qui était chargé de préparer, avec un de ses camarades le trou de mine où l’on plaça la dynamite. Il a pu donner quelques détails sur ce qui s’est passé. « je venais de finir, dit-il, le travail préparatoire pour faire sauter la mine, afin d’agrandir la galerie ; j’appelai le boute-feu, Jean Reumaux, qui examina s’il n’y avait pas de grisou, et qui nous dit que c’était en état et qu’on pouvait mettre le feu. Nous primes alors nos dispositions et Reumaux alluma la mèche. Aussitôt une effroyable explosion se produisit … je me sauvai et je tombai presque aussitôt.. Et je ne me rappelle plus de ce qui s’est passé ensuite… » il résulte de l’enquête faite par les ingénieurs de la Compagnie après la déclaration du mineur Cornet , que la cause de l’explosion est l’enflammement de la poussière de charbon qui s’adapte aux boiseries qui forment les galeries. Ce qui corrobore cette opinion, c’est que dans la galerie où a eu lieu l’explosion, il existe un courant d’air qui ne permet pas au grisou d’y séjourner.

LE PAS DE CALAIS
Jeudi 22 janvier 1885
Archives départementales du Pas de Calais
Cote archives : Presse / Bibliothèque : G52/23

Liévin.- La catastrophe de Liévin.

Nous apprenons avec satisfaction que l’enquête ouverte sur la cause de l’explosion du 14 janvier suit son cours régulier. On nous annonce que les résultats de l’enquête seront publiés suivant les prescriptions de la loi ; il est grand temps en effet que les ouvriers mineurs soient rassurés. Etant données deux compagnies houillères, celle de Liévin et de Lens, exploitant des veines contigus et situées sous le sol de la même commune, trouver la cause en vertu de laquelle toutes les explosions de grisou, et notamment les quatre dernières qui ont tué 54 ouvriers depuis vingt et un mois, se produisent exclusivement dans les fosses de la compagnie des mines de Liévin.

L’AVENIR d’Arras et du Pas de Calais
Vendredi 23 janvier 1885
Archives départementales du Pas de Calais
Cote archives : Presse / Bibliothèque : G22/25

CONCERT DE LA FANFARE DU COMMERCE

Nos appels en faveur des malheureuses familles de Liévin ont été entendus.

Avec une généreuse initiative, la Fanfare du Commerce a organisé le premier concert en leur profit. Il aura lieu dimanche prochain 25 janvier en la salle du théâtre. La Fanfare s’est assuré le concours de Mlle Edith Ploux, des concerts populaires ; de M ; Courtin et Huchette ; au Conservatoire national de Bruxelles ; de M. Delbarre, piston solo de l’Harmonie de Liévin ; M. Ch. Vaillant, pianiste accompagnateur. L’attraction de la soirée sera à coup sûr un groupe de Mandoliste amateurs Lillois, qui, se dévouant aux oeuvres de bienfaisances, viendront, sur la demande de la Fanfare, nous donner quelques morceaux de leur répertoire, à l’instar des tziganes. Le prix du cachet est fixé à 1 franc. Pour la location, elle est tarifiée au prix habituel des places de théâtre. Avec un tel programme, nous prédisons à la Fanfare du Commerce un grandissime succès artistique et pécuniaire.

LE PAS DE CALAIS
dimanche 25 janvier 1885
Archives départementales du Pas de Calais
Cote archives : Presse / Bibliothèque : G53/34

LA CATASTROPHE DE LIEVIN
UNE PREMIERE VISITE PASTORALE

Ce sont les malheureuses familles des victimes de Liévin qui ont eu dans notre diocèse, la première visite pastorale de leur évêque, – visite improvisée, on le comprend, et rendue lugubre par les circonstances dans lesquelles elle s’est produite. Monseigneur Dennel, prévenu de la catastrophe vendredi dans la matinée, a quitté Arras par le premier train. Il est resté à Liévin jusqu’au soir. Accompagné de Monsieur le curé, de l’agent général et du maire, il a visité successivement toutes les familles frappées par le sinistre. Plusieurs fois il a fallu traverser des champs couvert de neige, dans laquelle on s’entassait jusqu’aux genoux. Le vénérable visiteur n’a point hésité devant ces difficultés. Il a distribué parfois des secours matériels proportionnés aux besoins des malheureux, en les accompagnant des paroles affables dont il a le secret, et des consolations spirituelles qui seul sont efficaces en cette circonstance. Monseigneur a été accueilli avec les marques de la plus respectueuse sollicitude. Il y a quelques jours en visitant un de nos établissements catholiques, il était accueilli par ces vers ;
« Dans les chantiers et dans la mine,
« Sur tous les points de notre Artois,
« Le castel et l’humble chaumière,

« Chantent leur ange tutélaire,
« Leur évêque tant désiré. ».

On ne se doutait point que cette parole dû si trouver si tôt et si douloureusement sa complète réalisation.

L’ENQUETE

Nous apprenons avec satisfaction que l’enquête ouverte sur la cause de l’explosion du 14 janvier suit son cours régulier. On nous annonce que les résultats de l’enquête seront publiés suivant les prescription de la loi : il est grand temps en effet que les ouvriers mineurs soient rassurés. Le problème a résoudre est d’ailleurs bien simple. Etant données deux compagnies houillères, celle de Liévin et celle de Lens, exploitant des veines contigus et situées sous le sol de la même commune, trouver la cause en vertu de laquelle toutes les explosions de grisou, et notamment les quatre dernières qui ont tués 54 ouvriers depuis vingt et un mois, se produisent exclusivement dans les fosses de la compagnie de Liévin.

L’AVENIR de Saint Pierre
Jeudi 29 janvier 1885
Archives départementales du Pas de Calais
Cote archives : Presse / Bibliothèque : G191/9

LIEVIN – Les funérailles des malheureuses victimes de la catastrophe de Liévin ont eut lieu samedi matin au milieu d’une affluence considérable. Le convoi était composé d’une file de vingt-sept cercueils, suivis chacun des plus proches parents des décédés. Rien n’était plus navrant et douloureux que ce spectacle. Les assistants ont été surtout vivement impressionnés à la vue du cercueil de Henri Lebrun que suivaient sa veuve et ses quatorze enfants, dont le plus jeune est âgé de 14 mois seulement. Les membres du conseil d’administration de la Compagnies de Liévin et la plupart des fonctionnaires du gouvernement assistaient aux obsèques. Les mineurs des grands centres houillers : Denain, Erre, Somain, Anzin, Hénin-Liétard et Billy-Montigny, avaient envoyé des députations. La musique de Liévin a fait entendre plusieurs marches funèbres. Tous les cercueils ont été réunis dans une fosse commune.
L’AVENIR d’Arras et du Pas de Calais
Samedi 31 janvier 1885
Archives départementales du Pas de Calais
Cote archives : Presse / Bibliothèque : G22/25

BULLY-GRENAY.- Grâce à l’initiative généreuse de la direction Dartés et Gérard, une représentation théâtrale extraordinaire, au profit des victimes de la catastrophe de Liévin, aura lieu à Bully-Grenay le lundi 19 février prochain. Le mouvement charitable provoqué par d’aussi grandes infortunes ne se ralentit point, mais il y a encore tant de misères à soulager ! Honneur à cette troupe d’artistes, venant apporter son appoint à l’atténuation des besoins urgents qui assaillent de pauvres veuves, et beaucoup de malheureux orphelins. Nous savons que la troupe Dartés et Gérard organise, sous le patronage des municipalités, dans presque toutes les villes du Pas de Calais qu’elle dessert, des représentations destinées à cette oeuvre de bienfaisance, ne prélevant sur les recettes faites par les soins des autorités, que les frais nécessités par le département et le concours de cette troupe ; nous savons en outre, que ses propositions ont reçu partout le meilleur accueil. On ne saurait trop en pareille circonstance, féliciter et remercier Mme. La directrice du théâtre de Béthune, de sa prévenante offrande, et de son concours absolument gratuit, en faveur de ces nombreuses familles nécessiteuses.

LE PAS DE CALAIS
dimanche 1 février 1885
Archives départementales du Pas de Calais
Cote archives : Presse / Bibliothèque : G52/23

FANFARE DU COMMERCE

La fanfare du commerce vient d’envoyer au Comité de secours de Liévin, la somme de 1.002 f.50, bénéfices réalisés par le concert du 25 janvier. Toutes nos félicitations à l’excellente Fanfare pour sa pensée généreuse.


LE COURRIER du Pas de Calais
mercredi 4 février 1885
Archives départementales du Pas de Calais
Cote archives : Presse / Bibliothèque : G2/8A

Pas de Calais

Il y a quelques jours, un certain nombre de journaux de la région reproduisaient un article tiré d’une feuille parisienne, à propos de l’accident de Liévin. Cet article fut d’autant plus remarqué qu’il était profondément injuste. Chacun sait que, dans les catastrophes qui viennent trop souvent décimer nos braves mineurs, il n’est personne, depuis le directeur ou l’ingénieur en chef, jusqu’au dernier galibot, qui ne soit prêt à se dévouer, à s’exposer aux plus grands dangers pour sauver les ouvriers enfouis dans la mine. Ce sentiment existe à un si haut point que, tant qu’il reste un homme à découvrir, les recherches ne se ralentissent pas, si un peu d’espoir qu’il puisse y avoir de le retrouver encore vivant.
Il est donc souverainement injuste de vouloir le confisquer au profit d’un seul, et alors que, tout le monde le sait, dans la douloureuse circonstance dont il s’agit, le personnel des mines de Liévin n’a point failli à sa tâche d’honneur et de dévouement. Chacun s’est plu, comme nous, à lui rendre l’hommage qu’il méritait. Nous ne sommes donc pas surpris que l’article dont nous venons de parler ait froissé de justes susceptibilités et provoqué la réponse suivante, qui a été adressée à l’Echo du Nord ;
Liévin, 30 janvier.
Suivant mon humble avis, les journalistes ou autres profanes du pont des vaches devraient éviter, autant que possible, les dissertations concernant les Indes noires. Et cela, par la raison qu’ils s’y entendent autant que je m’entends à l’histoire des Hébreux. Je vois en ce moment, dans la Petit République française, un article (de trois colonne, s’il vous plait) consacré à la catastrophe de Liévin, qui me scie littéralement le dos, à moi, mineur, et qui fera hausser les épaules à plus d’un métier.
Il est dit, entre autres choses, que M. Dinoire, ingénieur à la fosse 3 de Lens, a fait, en descendant à la fosse n°1 de Liévin, à la suite du coup de grisou, une trouvaille de cinq hommes à demi-morts qu’il a pu rappeler à la vie, qu’il s’est exposé à être asphyxié par les gaz délétères, qu’il a risqué cent fois d’avoir le plafond (pourquoi pas le plancher ?) sur le dos, etc., etc. Certes, je rends grâce à M. Dinoire et suis le premier à reconnaître qu’en cette terrible circonstance, il a fait preuve de dévouement et d’esprit de solidarité, lui étranger à la mine, en nous apportant son concours empressé ; mais ce que je tiens à établir, c’est que 1e lorsque M. Dinoire est descendu, il y avait sept heures que le ingénieurs et employés de la Compagnie de Liévin mangeait de l’acide carbonique et s’exposaient à avoir le plafond sur le dos, et que : 2e il y avait cinq heures que le dernier survivant était remonté. M. Dinoire, n’a donc dû rappeler personne à la vie et n’a pu s’exposer à l’asphyxie puisqu’il ne restait plus de gaz délétères lorsqu’il est descendu. Et, du reste, comment admettre qu’un étranger à la mine puisse comme on veut le faire entendre, diriger les travaux de sauvetage, lorsqu’un habitué lui-même se perd dans le dédale inextricable des galeries. Non, avec les meilleures intentions du monde et le plus grand dévouement possible, M. Dinoire ne pouvait aller que là où on le conduisait ; c’est ce qu’il a fait et c’est ce que peut affirmer votre humble serviteur, qui lui a servi de cicérone.
F. DEMOY,
Vérificateur aux mines de Liévin.
Le total général des souscriptions recueillies jusqu’à ce jour pour les victimes de la catastrophe, se monte à 24,948 fr. 35.


L’AVENIR d’Arras et du Pas de Calais
Samedi 7 février1885
Archives départementales du Pas de Calais
Cote archives : Presse / Bibliothèque : G22/25

SOIREE DE LA FRATERNELLE

En faveur de l’oeuvre des victimes de Liévin à laquelle la Fraternelle tenait à honneur de coopérer, la jeune et active société avait élargi hier les limites de l’intimité ordinaire de ses réunions de chaque mois. Elle avait ouverte toutes grandes ses portes, grâce au nombreux public qui avait répondu à son appel, grâce à l’intéressant programme composé pour elle par cet amateur aussi habile que dévoué qui au nom de M. Amas, ce n’était plus une soirée intime que nous assistions hier, – mais à une véritable séance qui n’eût point été déplacée à la salle des concerts, voire au théâtre.


L’AVENIR d’Arras et du Pas de Calais
Jeudi 12 février1885
Archives départementales du Pas de Calais
Cote archives : Presse / Bibliothèque : G22/25

CATASTROPHE DE LIEVIN.

On lit dans le numéro du 5 février du Journal Pédagogique :
L’horrible catastrophe de Liévin, a, on le sait, plongé dans la misère les familles des 28 ouvriers qui ont trouvés la mort. L’opinion publique s’est justement émue ; et, de toutes parts, des souscriptions ont été ouvertes pour venir en aide aux veuves et aux enfants des malheureuses victimes. Nos établissements universitaires, à tous les degrés, ne pouvaient demeurer étrangers à cette manifestation de la charité publique. Tous on voulu affirmer, une fois de plus, les sentiments de fraternité, de solidarité, qui sont le fondement et l’honneur de notre éducation nationale. 1.534 fr. 76 centimes ont été versés par des Collèges de garçons et des Cours secondaires de jeunes filles. Ces souscriptions se décomposent ainsi :

Ville Montant en Francs
Lycée de Saint-Omer 162.33
Collège d’Arras 300
de Béthune 80
de Boulogne 219
de Calais 117.10
d’Hesdin 39
de Saint-Pol 126.33
Cours secondaires de jeunes filles :
d’Arras 68
de Béthune 70
de Boulogne 215
de Calais 56
de Saint-Omer 82
Total 1534.76

183 francs ont été souscrits par le personnel et les élèves de nos écoles normales. Quant à la souscription ouverte dans toutes nos écoles publiques, elle a déjà atteint le chiffre de 9,926 fr. 70. Le journal pédagogique est d’autant plus heureux d’enregistrer un tel résultat, que le somme ainsi recueillie représente bien l’économie de l’enfant, le sacrifice qu’il s’est volontairement imposé pour soulager une cruelle infortune. Nous n’avons pas besoin d’ajouter que les institutrices ont prêché l’exemple et qu’ils se sont fait un devoir de contribuer, dans les limites de leurs ressources, à cette oeuvre de bienfaisance. Que tous maîtres et élèves, reçoivent nos cordiales félicitations. Le grand nombre des écoles publiques (1457 au 1er juillet dernier) ne nous permet pas de faire connaître à nos lecteurs la somme versée par chacune de nos écoles ; la publication d’une telle liste remplirait, à elle seule, plus de 30 pages de notre journal. Nous nous bornerons donc a indiquer le montant des souscriptions pour chacun des 44 cantons du département :

Ville Montant en Francs
Arras (Nord et Sud) 458.65
Bapaume 165.25
Beaumetz les Loges 196.40
Bertincourt 150.05
Croisilles 224.90
Marquion 167.95
Pas 194.35
Vimy 240
Vitry 269.45
Béthune 246.50
Houdain 309.55
Cambrin 200.04
Carvin 233.85
Laventie 156.40
Lens 704.25
Lillers 276.75
Norrent-Fontes 234.75
Boulogne (Nord et Sud) 439.60
Calais 755.90
Desvres 183.65
Guînes 181.55
Marquise 209.15
Samer 283.10
Campagne 179.35
Etaples 144.85
Fruges 137.80
Hesdin 166.39
Hucqueliers 108.85
Montreuil 402.55
Aire 213.10
Ardres 216.80
Audruicu 185.15
Fauquembergues 136.45
Lumbres 224.20
Saint Omer (Nord et Sud) 208.65
Aubigny 178.15
Auxi le Château 168.60
Avesnes le comte 197
Heuchin 177.02
Le Parcq 138.95
Saint Pol 258.80
Total. 9.926.70

Quelques écoles libres ont adressés leur offrande à M. l’inspecteur d’Académie : 271 fr. 95 ont été ainsi recueillis. Nous remercions les maîtres et les élèves de leur généreuse initiative. Enfin, 161 fr. 25 ont été adressé pour le même objet à l’inspection Académique par plusieurs communes ou particuliers. Ces divers souscriptions (en y comprenant la somme de 82 fr. versée par les fonctionnaires du service Académique.- Inspecteur d’Académie, inspecteurs primaires, et employés des bureaux-) ont atteint à cette heure, la somme de 12,159 fr. 66. Cette somme sera versée dans quelques jours par M. l’inspecteur d’Académie entre les mains de M. le maire de Liévin.

L’AVENIR d’Arras et du Pas de Calais
Samedi 14 février 1885
Archives départementales du Pas de Calais
Cote archives : Presse / Bibliothèque : G22/25

Concert d’amateurs
au profit des victimes de Liévin

Si la musique n’adoucit pas toujours les moeurs et n’établit point partout le règne de l’accord parfait, au moins est-elle le ressort principal de la bienfaisance, à en juger par ce qui se passe à Arras. Ce concert est le troisième qu’après les souscriptions particulières au profit des victimes de la catastrophe de Liévin. En pareille circonstance, le but prime les moyens. Aussi, faute d’analyser dans ses détails l’agréable concert d’hier, il nous suffira de féliciter et de remercier à la fois les dévoués artistes qui y ont apporté leurs concours : en première ligne MM. Nast frère, les promoteurs, MM. Sévin, Wavelet et Hecquet, d’Arras, MM. Delcourt et Lévêque, de Liévin, et le jeune Fauvelle, qu’on va sacrer « petit prodige ». Nous souhaitons que la recette ait été bonne et qu’une belle offrande versée au comité de secours viennent récompenser nos amateurs de leurs peines et du talent qu’ils ont dépensé hier.

C. V.

L’AVENIR d’Arras et du Pas de Calais
dimanche 15 février 1885
Archives départementales du Pas de Calais
Cote archives : Presse / Bibliothèque : G22/25

Catastrophe de Liévin

On lit dans le numéro du 5 février du Journal Pédagogique :
L’horrible catastrophe de Liévin, a, on le sait, plongée dans la misère les familles des 28 ouvriers qui y ont trouvé la mort. L’opinion publique s’est justement émue ; et, de toutes parts, des souscriptions ont été ouvertes pour venir en aide aux veuves et aux enfants des malheureuses victimes. Nos établissements universitaires, à tous les degrés, ne pouvaient demeurer étrangers à cette manifestation de la charité publique. Tous on voulu affirmer, une fois de plus, les sentiments de fraternité, de solidarité, qui sont le fondement et l’honneur de notre éducation nationale. 1.534 fr. 76 centimes ont été versés par les fonctionnaires et les élèves du Lycée, des Collèges de garçons et des Cours secondaires de jeunes filles.

Ces souscriptions se composent ainsi :

Ville Montant en Francs
Lycée de Saint-Omer 162.33
Collège d’Arras 300
de Béthune 80
de Boulogne 219
de Calais 117.10
d’Hesdin 39
de Saint-Pol 126.33
Cours secondaires de jeunes filles :
d’Arras 68
de Béthune 70
de Boulogne 215
de Calais 56
de Saint-Omer 82
Total 1534.76

183 francs ont été souscrits par le personnel et les élèves des écoles normales. Quant à la souscription ouverte dans toutes nos écoles publiques, elle a déjà atteint le chiffre de 9,926 fr.70. Le Journal Pédagogique est d’autant plus heureux d’enregistrer un tel résultat, que la somme ainsi recueillie représente bien l’économie de l’enfant, le sacrifice qu’il s’est volontairement imposé pour soulager une cruelle infortune. Nous n’avons pas besoin d’ajouter que les instituteurs et les institutrices ont prêché d’exemple et qu’ils se sont fait un devoir de contribuer, dans la limite de leurs ressources, à cette oeuvre de bienfaisance. Que tous maîtres et élèves, reçoivent nos cordiales félicitations. Le grand nombre des écoles publiques (1457 au 1er juillet dernier) ne nous permet pas de faire connaître à nos lecteurs la somme versée par chacune de nos écoles ; la publication d’une telle liste remplirait, à elle seule, plus de 30 pages de notre journal. Nous nous bornerons donc a indiquer le montant des souscriptions pour chacun des 44 cantons du département :

Ville Montant en Francs
Arras (Nord et Sud) 458.65
Bapaume 165.25
Beaumetz les Loges 196.40
Bertincourt 150.05
Croisilles 224.90
Marquion 167.95
Pas 194.35
Vimy 240
Vitry 269.45
Béthune 246.50
Houdain 309.55
Cambrin 200.04
Carvin 233.85
Laventie 156.40
Lens 704.25
Lillers 276.75
Norrent-Fontes 234.75
Boulogne (Nord et Sud) 439.60
Calais 755.90
Desvres 183.65
Guînes 181.55
Marquise 209.15
Samer 283.10
Campagne 179.35
Etaples 144.85
Fruges 137.80
Hesdin 166.39
Hucqueliers 108.85
Montreuil 402.55
Aire 213.10
Ardres 216.80
Audruicu 185.15
Fauquembergues 136.45
Lumbres 224.20
Saint Omer (Nord et Sud) 208.65
Aubigny 178.15
Auxi le Château 168.60
Avesnes le comte 197
Heuchin 177.02
Le Parcq 138.95
Saint Pol 258.80
Total. 9.926.70

Quelques écoles libres ont adressés leur offrande à M. l’inspecteur d’Académie : 271 fr. 95 ont été ainsi recueillis. Nous remercions les maîtres et les élèves de leur généreuse initiative. Enfin, 161 fr. 25 ont été adressé pour le même objet à l’inspection Académique par plusieurs communes ou particuliers. Ces divers souscriptions (en y comprenant la somme de 82 fr. versée par les fonctionnaires du service Académique.- Inspecteur d’Académie, inspecteurs primaires, et employés des bureaux-) ont atteint à cette heure, la somme de 12,159 fr. 66. Cette somme sera versée dans quelques jours par M. l’inspecteur d’Académie entre les mains de M. le maire de Liévin.

Sources :

  • Archives départementales du Pas de Calais
  • Association « Les Passions de la Gohelle » de Bully-les-mines
  • Association « Mining »
  • Bureaux de ‘Etat Civil de la Ville de Liévin
  • Photothèque : Caron Denis

Publication : 12/2006

Etude réalisée par :

Denis CARON de Bully-les-mines
Et la collaboration de Mr C.

LISTE DES VICTIMES

Liste officielle de victimes recensées au bureau de l’Etat Civil de liévin

*La liste publiée dans la presse de l’époque est fausse et incomplète :

  • neuf chevaux auraient aussi péri

Siège n°1
Ce siège comprenait 2 puits situés sur la commune de Liévin.
Puits n°1: Il était à la limite de la concession de Lens. Il fut ouvert en 1858 et mis en exploitation en 1860 pour arrêter en 1965.
Profondeur du puits : 644 mètres. Diamètre : 4 mètres.

Puits n°1bis : Début en 1874
Profondeur : 784 mètres