1840 La conquête de l’Ouest

De la Scarpe à I’Escaut, onze sociétés se partagent, dans le Nord, des concessions plus ou moins fructueuses. On n’a pas abandonné la recherche de nouveaux gisements

Seulement celle-ci est demeurée vaine tout simplement parce qu’elle a été engagée dans la région d’Arras Doullens, dans le droit prolongement du bassin minier de Belgique et du Valenciennois. En 1841, tout à fait par hasard, lors d’une recherche d’eau dans le parc de Mme de Clerck, à Oignies, on décèle de la houille. En 1847, un sondage effectué par M. Soyez à I’Escarpelle, près de Douai, confirme la prolongation du gisement au Nord-Ouest, en direction de Béthune.
La conquête de l’Ouest ne s’arrêtera plus désormais qu’aux Collines de l’Artois, définissant rapidement les limites du bassin du Pas-de-Calais qui, bien que plus profond, sera appelé à devenir en moins de trente ans le premier producteur de charbon français. Bientôt les terrils, les puits, les usines et les cités se succéderont de la frontière belge à Ligny les aire, créant, sur 120 km de long, un paysage urbain et industriel nouveau vers lequel convergent des dizaines de milliers d’hommes de toutes origines.
En 1840, les compagnies du Nord employaient moins de 9 000 ouvriers. En 1900, ils sont déjà 85 000, dans I’ensemble du bassin, à franchir chaque jour les grilles des fosses pour extraire plus de 20 millions de tonnes de houille. Parfois au prix de leur vie : en 1906, la catastrophe de Courrières, causée par un coup de poussière, qui fit 1099 victimes, endeuilla le bassin minier et toute la corporation.
Le bassin du Nord Pas-de-Calais allait poursuivre son développement jusqu’à la première guerre mondiale : en 1913, 130 000 mineurs produisaient déjà 27,4 millions de tonnes, un tiers de la production française de charbon.