1930 La grande époque

Le bassin du Nord-Pas-de-Calais se relève de ses ruines.
Dès 1925, on peut considérer la reconstruction comme terminée.

Coupé en deux par un front qui se stabilisa entre Arras et Béthune, théâtre de très violents affrontements, le bassin du Nord-Pas-de-Calais ne se releva de ses ruines que plusieurs années après la fin de la première guerre mondiale. Au prix d’un important effort de reconstruction et le renfort de 70 000 mineurs polonais, les fosses de l’est, qui avaient été noyées par les exploitants avant l’arrivée des troupes allemandes, purent reprendre leur activité après dix années de sommeil.

Dès 1925, on peut considérer comme terminée la reconstruction de I’ensemble des installations des mines du Nord-Pas-de-Calais qui retrouvent leurs potentiels de production d’avant -guerre. C’est en 1930 qu’elles atteignent le niveau record jamais égalé de 35 millions de tonnes, soit 67% de la production nationale.
L’outillage est modernisé, le marteau-piqueur à air comprimé, en particulier, remplace le pic traditionnel pour I’abattage. L’énergie est désormais massivement utilisée dans les chantiers souterrains ou au jour. En 1913, il existait dans le Bassin trois centrales thermiques, à Bully-les-Mines, Pont-à-Vendin et Gosnay. En 1930, elles sont au nombre de 21, représentant une puissance installée de 980 000 KW.

Jusqu’alors, le gaz provenant de la carbonisation de la houille dans les batteries de fours à coke était pratiquement inexploité, hormis pour le chauffage. A partir de 1925, à la suite des recherches de Georges Claude sur la fabrication de l’ammoniac, il deviendra l’élément privilégié d’une puissante industrie de synthèse, la carbochimie, dont le Nord Pas-de-Calais avec plus particulièrement la Compagnie de Béthune et son complexe de Mazingarbe est le berceau.

Mais la crise économique des années 30 ne devait pas ménager l’industrie charbonnière et, malgré les progrès de rendement (1 250 kg en 1936) et les efforts de modernisation et de restructuration menés par les 18 compagnies minières réunies au sein du Groupement des Houillères, la production commença à décliner. A la veille de la seconde guerre-mondiale, le bassin produisait 32 millions de tonnes de charbon, 60% de la production et 40% de la consommation nationales. Ses cokeries fournissaient les 3/5 du coke français. Lorsque survint la guerre, 150 000 mineurs et 500 000 ouvriers et ouvrières de toutes professions travaillaient à renforcer la puissance économique de leur région.

Pendant les cinq années de guerre et d’occupation, toute l’activité minière se figea. Aucun investissement ne fut réalisé, les outils gérés par l’occupant ne furent pas entretenus et les mineurs, qui effectuaient leurs tâches sans zèle, déclenchèrent une grande grève patriotique en mai-juin 1941. A la libération, l’outil de travail était entièrement détérioré, tout était à nouveau à remettre en état.