1960 La récession

Les Houillères n’embauchent plus massivement pour compenser les départs.

Constatant la dégradation des résultats financiers, le gouvernement, en 1960, a étudié un plan de régression de la production charbonnière et demande l’arrêt de l’embauchage. Ceci provoque le mécontentement de la corporation minière. En mars 1963, le pays tout entier, impressionné par une grève de 35 jours qui ne ressemble à aucune autre, doit à son tour se convaincre que les régions de vieille tradition industrielle, comme le Nord que l’on disait invulnérable, subis-sent à leur tour les effets des transformations de l’économie française.
Les Houillères n’embauchent plus massivement pour compenser les départs, mais les fils de mineurs quant à eux se détournent d’un métier qui ne représente plus un avenir assuré. L’entreprise est ainsi amenée à faire appel à la main-d’œuvre marocaine. En 1966, sur un effectif de 70 000 ouvriers, on compte 12 000 ouvriers marocains. En 1968, André Bettencourt, Ministre de l’Industrie, prévoit de ramener la production de 20 à 10 millions de tonnes en 1975. Compte-tenu d’un tel plan, de conditions d’exploitation de plus en plus difficiles, l’arrêt de celle-ci est envisagé pour le début des années 1980.
Les HBNPC et Charbonnages de France entreprennent dès cette époque (1967-1973) une politique d’aide à l’industrialisation de la région minière avec la SOFIREM. Quant aux pouvoirs publics, pour favoriser la conversion du bassin minier, ils décident d’implanter l’industrie automobile. Renault s’installe à Douai, la Française de Mécanique à Douvrin. Par ailleurs, les Houillères s’efforcent de tirer parti de leurs savoir-faire. Leurs services informatiques, leurs ateliers de mécanique et d’entretien travaillent désormais pour une clientèle extérieure.
Un vaste programme de réhabilitation de leur parc immobilier débute en 1972. Si la crise de l’énergie survenue en 1974, avec le renchérissement du prix du pétrole, n’a pas suffi à transformer le plan de récession des Houillères en plan de relance, du moins a-t-elle suscité un intérêt tout à fait nouveau pour des ressources jusqu’alors négligées. Les produits charbonneux accumulés en terrils sont récupérés et alimentent les centrales thermiques du Bassin. Le gaz de mine, c’est-à-dire le fameux grisou, est capté et sert de combustible aux usines du Bassin. Les HBNPC apportent ainsi une contribution originale et importante aux économies d’énergie.