03/1906 :Courrières. Grisou et coup de poussier.1 099 morts.

10 Mars 1906,
la catastrophe des mines de Courrières qui fut la plus grand de l’histoire minière.

Jacques PRADEL

La catastrophe de Courrières : Raconté par Jacques PRADEL
Le 10 mars 1906, à l’aube, une explosion sous la terre Il y a tout juste cent ans, entre Méricourt, Sallaumines et Billy-Montigny, près de Lens, les galeries d’une mine de charbon sont balayées par le feu. Six cent mineurs remontent dans les heures qui suivent. Deux jours après, la Compagnie des mines de Courrières décide qu’il n’y a pas de survivants : il faut retourner au charbon. Le bilan officiel parle de 1.099 morts. Trois semaines plus tard, alors que la région est paralysée par la grève, une poignée d’hommes sort de la mine. La colère grandit encore: «Ils ont voulu sauver la mine avant de sauver nos hommes».
La radio Europe 1 à consacré 1h d’émission au drame de Courrières (62) qui s’est déroulé le 10 mars 1906. L’émission « Connaissance », animée par Jacques Pradel, décrit en détail la vie des mineurs de l’époque et l’enfer qu’ils ont vécu. Titre de l’émission: « Dans l’enfer des mines de Courrières »
Invité: Jean-Daniel Baltassat Romancier. Auteur du livre: « Les roses noires », XO sous le pseudonyme de A.B. Daniel

Les conséquences
*Un coup de grisou suivi d’un coup de poussière dévasta 110 kilomètres de galeries dans les fosses n° 2 à Billy-Montigny, 3 à Méricourt et 4/11 à Sallaumines. Le choc fut si fort que les cages ne pouvaient plus circuler dans le puits n° 3 et que des débris et des chevaux furent projetés à une hauteur de dix mètres sur le carreau de la fosse.

Qu’est qu’un coup de grisou ou de poussière ?
Le coup de grisou
Le coup de grisou est une explosion accidentelle de gaz dans une mine, liée à son exploitation. Il s’agit d’un accident souvent mortel, et très redouté des mineurs ; il est en général aggravé par un effondrement des tunnels, et parfois par un coup de poussière.
En principe, on peut donc assimiler ce grisou à du méthane, gaz extrêmement dangereux. Il est à l’origine de nombreuses catastrophes minières (coups de grisou), surtout avant l’invention de la lampe de Davy.

Les fosses concernées :
Trois fosses situées sur les territoires de :
*Billy-Montigny fosse n° 2 dite Auguste Lavaurs
*Méricourt fosse n° 3 dite Lavaleresse ou Charles Boca
*Noyelles-sous-Lens et Sallaumines fosse n° 4/11 dite Sainte-Barbe ou Charles Derome.

Les fosses épargnées

  • La fosse n° 10 de Billy-Montigny, située moins d’un kilomètre au Sud-Est de la fosse n° 2 ne fut pas affectée par la catastrophe. Tout était en état de marche dans ce puits. Lorsque la catastrophe eut lieu, le puits n°15 était en cours de fonçage à côté du puits n° 3 depuis 1905. Il n’était donc pas utilisable. Le puits n° 20 ne sera adjoint au puits n° 10 que quelques années plus tard.

La compagnie

  • Les plus anciennes fosses de la Compagnie des mines de Courrières, ouvertes sous le Second Empire, présentent d’importantes veines de charbon gras, et l’essentiel du travail d’abattage s’effectue à un niveau compris entre 326 et 340 mètres.

Résultat de l’enquête

  • Le point de départ de cette catastrophe est l’explosion d’une poche de grisou dans le chantier Lecoeuvre. La présence de ce gaz avait été suspectée quelques jours plus tôt par des mineurs de fond mais la compagnie n’avait pas tenu compte de leurs avertissements. Le coup de grisou a ensuite soulevé la poussière de charbon, cette dernière, beaucoup plus explosive que le grisou, s’est mise en auto-combustion et la flamme a parcouru 110 kilomètres de galeries en moins de deux minutes. Le coup de grisou a donc été immédiatement suivi par un coup de poussier beaucoup plus dévastateur et meurtrier.
    Le 10 mars, à six heures du matin, 1 664 mineurs et galibots (âgés de 14 à 15 ans), étaient déjà descendus dans les fosses 2, 3, 4 et 10 dont les zones de travail étaient situées à une profondeur variant entre 330 et 340 mètres. À 6 h 30, des employés aperçoivent une fumée noire sortant de la porte du moulinage de la fosse n° 3. Quelques minutes plus tard, une déflagration ébranle le puits n° 4. La chaleur causée par l’explosion a transformé les galeries en une véritable fournaise, et la déflagration associée a tout balayé sur une distance de 110 kilomètres. Ensuite, les gaz méphitiques se sont répandus dans les galeries. La déflagration fut si forte que des débris et des chevaux furent projetés à une hauteur de dix mètres sur le carreau de la fosse n° 3.
    L’analyse a montré que trois facteurs avaient causé la catastrophe. Le premier est un « coup de grisou », l’explosion d’une masse d’air mélangée de grisou, gaz naturel associé au charbon et essentiellement composé de méthane. Ce gaz est dissous dans le charbon et les roches encaissantes (des schistes et des grès), mais s’en échappe du fait que la pression est bien moindre dans l’air des galeries que dans les roches. La fracturation des roches, naturelle ou induite par le foudroyage, facilite ce dégazage. Le deuxième facteur est l’inflammabilité des poussières de charbon. Le souffle brûlant du coup de grisou les met en suspension dans l’air et les consume instantanément, ce qui renforce l’explosion qui peut ainsi se propager, littéralement comme une trainée de poudre. C’est le « coup de poussier ». Le troisième facteur est l’absence d’obstacle qui pourrait empêcher l’explosion de se propager indéfiniment dans les galeries et les puits.

Le sauvetage

  • Le directeur de la Compagnie, Lavaurs, est immédiatement alerté. Son habitation est située à côté du carreau de fosse n° 2. Il s’y rend aussitôt, donne ses instructions et se rend immédiatement à la fosse n° 3. L’ingénieur Voisin et un homme d’about descendent prudemment dans le puits n° 2 qui est intact. À 306 mètres de profondeur, ils découvrent évanoui le chef-porion Lecerf qu’ils ramènent à la surface. À la fosse n° 3, l’ingénieur principal Petitjean se trouvait à une quarantaine de mètres du chevalement lorsqu’un nuage de poussières jaillit du puits dans un vacarme épouvantable et retombe sur les installations. Le souffle est si fort qu’un cheval est projeté en l’air, le chevalet a été soulevé et le moulinage a été ravagé.À neuf heures, quand la fumée fut enfin dissipée dans le puits n° 3, un porion et un ingénieur descendirent par les échelles du goyot. Ils furent malheureusement bloqués à 70 mètres de profondeur étant donné que les échelles étaient tombées Un grand nombre d’ambulances, des voitures tirées par des chevaux arrivent sur les carreaux des fosses n°2, 3 et 4/11. Elles sont chargées de ballons d’oxygène, de gouttières, de médicaments, de matela set de paquets d’ouate. Des salles ont été transformées en infirmeries, des baquets ont été remplis d’acide picrique. Des boissons chaudes ont été préparées par des femmes. L’explosion a eu lieu il y a trois heures. Seuls quelques hommes sont remontés. La foule prend peu à peu conscience de l’ampleur de la catastrophe à la vue de l’organisation des secours. C’est vers 10 h 30 qu’arrivent d’Arras le Préfet du Pas-de-Calais Duréault, l’ingénieur en chef du contrôle des mines Léon. Viennent ensuite des membres du parquet de Béthune. Le préfet interroge le chef-porion Douchy qui venait juste de remonter. Ce dernier vient de voir une douzaine de cadavres près de la recette (près du puits). À une vingtaine de mètres, les galeries sont éboulées, les bois tombés et les portes arrachées. Des coups sur des tuyaux ont été entendus par un autre sauveteur. Il reste donc des survivants dans les galeries. Hélas, en l’état actuel des choses, il est impossible d’aller les sauver : les sauveteurs s’évanouissent à cause des gaz qui envahissent les galeries, et la cage ne peut plus descendre en dessous de 300 mètres de profondeur car ses guides tordus la bloquent. À 14 et 19 heures, les sauveteurs réussirent à entendre des appels provenant du fond du puits. À 22 heures, une équipe d’ingénieurs des Mines de l’État arrive. Elle prend désormais en main la conduite des opérations de sauvetages. Estimant que les conditions minimales de sécurité n’étaient pas remplies, ils ordonnèrent l’arrêt immédiat d’une descente plus profonde avant que ne soit consolidé le puits n°3. Les sauveteurs étaient pourtant parvenus à 160 mètres de profondeur. Le 11 mars, à 22 heures, la profondeur de 180 mètres est atteinte. On donna l’ordre de stopper définitivement les travaux de sauvetage. Un bilan du sauvetage des fosses n°2 et 4 est dressé : après deux jours et deux nuits d’efforts, on ramena 25 survivants et 43 cadavres. Quelques sauveteurs disparurent pendant ce sauvetage. Le 12 mars, à une heure du matin, le plan est mis en œuvre, les orifices du puits sont fermés et les ventilateurs du puits n°3 sont redémarrés pour en faire sortir l’air. À l’inverse, les ventilateurs sont stoppés sur les puits n°2 et 4. Ils deviennent ainsi des entrées d’air. Le puits n°4 est fermé. À 9 heures, Une équipe de mineurs allemands volontaires arrive pour aider dans les secours : ils étaient équipés de masques à oxygène, éléments que ne possédaient pas les sauveteurs français.
    Le 14 mars, un nouveau bilan est établi : on dénombre 429 morts à la fosse n°3, 506 morts à la fosse n°4 et 162 morts à la fosse n°2 .Le 15 mars, les sauveteurs doivent se décider à stopper les recherches à cause d’un incendie qui s’est déclenché dans les galeries. Ils ne trouvèrent que des cadavres ce jour-là. Le 14 mars, un nouveau bilan est établi : on dénombre 429 morts à la fosse n°3, 506 morts à la fosse n°4 et 162 morts à la fosse n°2. Le 15 mars, les sauveteurs doivent se décider à stopper les recherches à cause d’un incendie qui s’est déclenché dans les galeries. Ils ne trouvèrent que des cadavres ce jour-là.

Un miracle, 20 jours après la catastrophe
*Le 30 mars, soit vingt jours après l’explosion, treize rescapés réussirent à retrouver le puits par leurs propres moyens après avoir erré dans le noir total sur des kilomètres. Ils furent aperçus par un ouvrier sauveteur à proximité de l’accrochage dans le puits n° 2. Une équipe descendit et trouva 13 hommes faisant des gestes désespérés dans l’obscurité. Les mineurs ont raconté avoir mangé le peu qu’ils trouvaient, y compris de l’avoine et un cheval qu’ils ont abattu à coups de pic. Les treize rescapés sont :

Léon Boursier (19 ans)
Louis Castel (22 ans)
Honoré Couplet (20 ans)
César Danglot (27 ans)
Albert Dubois (17 ans)
Élie Lefebvre (38 ans)
Victor Martin (14 ans)
Henri Neny (39 ans)
Romain Noiret (33 ans)
Charles Pruvost (40 ans)
Anselme Pruvost fils (15 ans)
Vanoudenhove Léon (18 ans)
Henri Wattiez (27 ans)

Le dernier survivant des quatorze rescapés de la catastrophe était Honoré Couplet. Il est décédé en 1977 à l’âge de 91 ans. Parmi les rescapés deux d’entre eux continuèrent à travailler à la mine durant quarante-deux et quarante-cinq ans, étant donné que c’était leur seul gagne-pain.

L’impensable, 24 jours après la catastrophe

  • Un quatorzième survivant, Auguste Berton, mineur à la fosse n° 4 de Sallaumines, fut retrouvé le 4 avril, grâce aux secouristes allemands qui avaient apporté des appareils respiratoires qui faisaient cruellement défaut aux compagnies minières locales. Il avait erré durant 24 jours à plus de 300 mètres de profondeur, dans le noir complet et les fumées toxiques. Il fut remonté par le puits n° 4.
Répercussion politique et sociale
L’émotion qui s’ensuivit, et la polémique sur la gestion des secours, sont à l’origine d’un vaste mouvement de grève. Le 13 mars, lors des obsèques des premières victimes, à la fosse commune de Billy-Montigny, sous une tempête de neige, en présence de 15 000 personnes, le directeur de la compagnie est accueilli par des huées et des « assassins ! » et doit rapidement partir ; la foule scande « Vive la révolution ! Vive la grève ! ».
Le lendemain, les mineurs refusent de redescendre au fond. Les syndicats appellent à une grève qui s’étend aux puits environnants. Le mouvement s’étend à tous les bassins miniers français et se développe jusque dans leBorinage, en Belgique. Le16 mars, 25 000 ouvriers sont en grève, chiffre qui monte même à 60 000. Les incidents se multiplient entre grévistes et non-grévistes, mais aussi entre les partisans du « Vieux Syndicat » mené par Émile Basly et le « Jeune Syndicat », affilié à la CGTet mené par Benoît Broutchoux. Face aux mineurs en colère,Georges Clemenceau, alors Ministre de l’Intérieur, mobilise 30 000 gendarmes et soldats et envoie treize trains de renforts militaires. De nombreuses arrestations ont eu lieu.

la gréve des mineurs

  • La colère des mineurs est renforcée par la découverte tardive de rescapés. Les secours ont manifestement été abandonnés trop tôt et la Compagnie de Courrières est accusée de vouloir enterrer vivantes les victimes. La grève se durcit et un officier de l’armée est tué le 23 avril. À la fin du mois, malgré la répression et le manque d’argent des familles des mineurs, le patronat concède des augmentations de salaires. Le travail reprend début mai. Cette catastrophe a suscité un élan de générosité sans précédent en France et en Europe et 6,5 millions de francs-or sont collectés. La compagnie minière elle-même donne 2,2 millions de francs aux ayants droit et verse des rentes annuelles de l’ordre de 500 000 francs aux familles. La catastrophe provoqua une crise politique et un mouvement social qui déboucha sur l’instauration du repos hebdomadaire. Après la catastrophe, la langue française s’est enrichie d’un mot nouveau d’origine picarde : rescapé, largement repris dans la presse, et qui supplanta réchappé.

Les actions

  • À partir de cette époque, les lampes à feu nu sont bannies au profit des lampes dites de sûreté (lampes Davy). En1907, le premier poste central de secours du bassin Nord-Pas-de-Calais est créé à Liévin (il sera transféré à Éleu-dit-Leauwette après sa destruction pendant la Première Guerre mondiale). On y forme des équipes spécialisées de sauveteurs et on y étudie les risques dus au grisou et aux poussières. En 1910, apparaît le marteau-piqueur qui augmente le rendement, mais aussi la quantité de poussières, avec les risques d’explosion et de maladie (silicose) qui en découlent…

Humphrey DAVY 1778-1829, il eut comme assistant Faraday qui se rendit célèbre par ses travaux sur l’électrochimie. Il isola le premier, le sodium, le potassium, le calcium, le magnésium et le strontium. Vers 1812, le chimiste anglais Humphrey DAVY, célèbre pour ses découvertes sur l’électrolyse et l’arc électrique fut sollicité par une de ces sociétés pour essayer de résoudre le grave problème de l’éclairage en milieu explosif. En même temps et sans se concerter deux autres inventeurs anglais, le docteur William Red CLANNY et le déjà célèbre mécanicien Georges STEPHENSON, inventeur d’une locomotive à vapeur, s’intéressaient aussi à cette question. Tous trois vers 1815 parvinrent à certains résultats et aujourd’hui nous pouvons leur attribuer conjointement la paternité des lampes de sûreté. Intuitivement la solution consistait à enfermer la flamme de la lampe dans une protection l’empêchant de communiquer le feu à l’extérieur . La voie vers la solution était ouverte. DAVY constate que le gaz circulant a travers une multitude de tubes de petite sections brûle autour de la flamme de la bougie mais ne communique pas le feu à l’atmosphère extérieure. Il établît par de nombreuses expériences la théorie de cette constatation.
A partir de 1815 les lampes de DAVY furent fabriquées industriellement en Angleterre, vers 1818 en France et en Belgique. La grande diffusion de cette lampe lui fit recouvrir diverses formes, quelquefois spécifiques à tel ou tel bassin minier. La lampe de Clanny connut un succès semblable , ce qui ne fut pas le cas de la lampe de Stephenson. Ces lampes firent épargner beaucoup de vies humaines, mais ne se montrèrent pas efficaces à tous coups et se trouvaient quelquefois prises en défaut. C’est pourquoi il y eut de nombreuses polémiques à leur sujet, surtout en Angleterre.

Bilan

  • L’accident fit officiellement 1099 morts sur près de 1800 mineurs descendus ce jour-là, mais le bilan réel est probablement supérieur en raison de la présence de travailleurs « irréguliers » dont le décès n’a pas été imputé à cet accident. Pris au piège, la plupart des ouvriers sont morts asphyxiés ou brûlés par les nuées ardentes de gaz toxiques. En fin de journée, seulement 576 mineurs étaient parvenus à s’échapper de la catastrophe. À ce bilan doit encore être ajouté le décès d’au moins seize sauveteurs qui interviennent dans des conditions de sécurité et d’hygiène précaires.

Les victimes par commune Communes et Nombre morts
Acheville 5
Loison-sous-Lens 22
Achicourt 1
Méricourt 404
Athies 2
Montigny-en-Gohelle 9
Avion 30
Neuville-Vitasse 1
Bailleul-Sir-Berthoult 8
Neuvireuil 1
Beaurains 1
Noyelles-sous Lens 102
Billy-Montigny 114
Oppy 5
Dourges 1
Rouvroy 9
Farbus 1
Sailly-Labourse 1
Feuchy 1
Saint-Laurent-Blangy 1
Fouquières-lez-Lens 36
Sallaumines 304
Hénin-Liétard 8
Thélus 2
Izel-lès-Équerchin 1
Vimy 13
Lens 12
Vitry-en-Artois 1
Willerval 3

Parmi l’ensemble des victimes :
Les mineurs âgés de 13 à 18 ans inclus représentent 27,45 % des victimes
36,10 % pour la tranche d’âge de 13 à 20 ans inclus
39,20 % pour la tranche d’âge de 21 à 35 ans inclus
Les mineurs de 36 ans et plus représentent 24,70 % des victimes.

Commémorations

  • La nécropole de Méricourt abrite dans une fosse commune (le « silo ») les corps de 272 mineurs non identifiés. Un monument commémoratif y a été édifié ; un autre rappelle la catastrophe survenue dans la ville voisine de Fouquières-lez-Lens le 4 février 1970. À l’occasion du centième anniversaire de la catastrophe de 1906, la Communaupole de Lens-Liévin a aménagé un « parcours des rescapés » entre la nécropole et l’emplacement de l’ancienne fosse de 2 de Billy-Montigny où 13 survivants ont rejoint le jour, 17 jours après l’arrêt des recherches. Cet aménagement d’un kilomètre de long comprend 21 bornes métalliques sur lesquelles sont relatés le quotidien et les événements qui suivirent en surface et la survie des rescapés dans les galeries. La création de cet aménagement a été conçu par Territoires, Sites et Cités-paysagistes, Vrignaud Nicolas et Louazon Jean-Marc (scénographes).

Le Chemin des Rescapés
C’est à Méricourt que se trouve le Mémorial de la catastrophe minière dite de Courrières (1099 morts en mars 1906). Depuis 2006, ce mémorial comporte aussi un chemin de marche reconstituant le parcours souterrain « des rescapés », c’est-à-dire des survivants qui ressortirent des galeries effondrées environ trois semaines après le coup de grisou et de poussière !

La catastrophe de Courrières est la plus importante catastrophe minière d’Europe. Elle tire son nom de la Compagnie des mines de Courrières qui exploitait alors le gisement de charbon du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais dans le Pas-de-Calais. Elle eut lieu entre Courrières et Lens, le samedi 10 mars 1906 et fit officiellement 1 099 morts. Ce gisement fournissait alors 7 % de la production nationale de charbon. Un coup de grisou suivi d’un coup de poussière dévasta 110 kilomètres de galeries dans les fosses n° 2 à Billy-Montigny, 3 à Méricourt et 4/11 à Sallaumines. Le choc fut si fort que les cages ne pouvaient plus circuler dans le puits n° 3 et que des débris et des chevaux furent projetés à une hauteur de dix mètres sur le carreau de la fosse. Le 30 mars, soit vingt jours après l’explosion, treize rescapés réussirent à retrouver le puits par leurs propres moyens après avoir erré dans le noir total sur des kilomètres. Ils furent aperçus par un ouvrier sauveteur à proximité de l’accrochage dans le puits n° 2. Une équipe descendit et trouva 13 hommes faisant des gestes désespérés dans l’obscurité. Les mineurs ont raconté avoir mangé le peu qu’ils trouvaient, y compris de l’avoine et un cheval qu’ils ont abattus à coups de pic. Le chemin des rescapés retrace le quotidien des 14 survivants, panneaux explicatifs à l’appui.

Nécropole du 10 mars 1906 –
rue Uriane Sorriaux
62680 MÉRICOURT

Les ouvrages sur la catastrophe.
La catastrophe de Courrières
Dominique Lampin

Il y a tout juste un siècle, la catastrophe de Courrières ravageait les puits de mine de Sallaumines, Méricourt et Billy-Montigny. Ce cataclysme de l’histoire minière a profondément marqué la mémoire collective locale, régionale et nationale par l’ampleur de son retentissement et fait encore couler beaucoup d’encre. L’auteur a souhaité rappeler cette tragédie en images et proposer une approche inédite. Cette magnifique rétrospective de plus de 200 documents iconographiques, fruit d’une collecte assidue de plus de trente ans sur la catastrophe et les grèves, rend hommage aux victimes et permet également de mettre une image sur les mots, sur l’horreur, la douleur, le désarroi de ce mois de mars 1906 et de ceux qui suivirent. ISBN 2-84910-302-0


Courrières – Au Pays De La Mort Noire
Auteur : Catherine Laurent

Résumé :
Le 10 mars 1906, une catastrophe minière d’une rare ampleur frappait le bassin industriel du Nord Pas-de-Calais. Ce drame est sans précédent en Europe. A Courrières, il est six heures trente du matin quand une impressionnante fumée noire s’échappe du moulinage de la fosse numéro 3. L’Histoire est en marche. Un coup de poussières d’une fulgurance inouïe tue, en moins de deux minutes, 1099 houilleurs, plongeant dans le désespoir plus de 500 veuves et 1400 orphelins. Les mineurs auront beau ensuite se révolter : les revendications qu’ils émettent alors légitimement en matière de sécurité ne se concrétiseront pas comme ils l’avaient espéré. Le bras de fer qui opposa alors grévistes et forces de l’ordre fut pourtant sans répit ni pitié. Sur base de multiples témoignages, ce livre retrace la trame de ces journées hors du commun avec, en point d’orgue, le récit de quatorze rescapés sortis tout droit de l’enfer.

Sommaire :
Quand un mineur met un pied dans la cage, il met l’autre dans la tombe
Les fils d’Hadès
On n’dévalle pas, on n’dévalle plus
Les escapés de La Goutte de Lait
Nos mains rencontrent des cadavres
Vingt-neuf communes endeuillées
L’ Après Courrières

Auteur : Catherine Laurent
Editeur : Jourdan Editeur
Parution : 01/03/2006
Nombre de pages : 179
Dimensions : 23.00 x 16.00 x 1.50


«La catastrophe des mines de Courrières
récits et témoignages»

Une histoire de la catastrophe de courrières
Le 10 mars 1906 se produit dans l’un des puits de la Compagnie des mines de Courrières une violente explosion, déclenchant un « coup de poussières » qui se propage en quelques secondes à travers cent dix kilomètres de galeries. La plupart des ouvriers sont immédiatement brûlés ou asphyxiés par les nuées toxiques qui succèdent à la flamme : 1697 mineurs venaient de descendre au fond, moins de 600 remontèrent à la surface. Mais le 30 mars, après avoir erré vingt jours à travers les galeries éboulées, treize mineurs surgissent à l’air libre. Quatre jours plus tard apparaît un quatorzième rescapé. Ce sont leurs témoignages que nous publions ici, complétés par les rapports de deux survivants du premier jour.

Reliure : Broché
Page : 151 p
Format : 21 x 14 cm
Poids : 200. g
ISBN : 978-2-913661-22-6
EAN13 : 9782913661226
Editeur : Virginie Debrabant et Karine Sprimont
dessins : Sarah d’Haeyer
introduction : André Dubuc
l’Oeil d’or , Paris
collection Mémoires & miroirs
Parution : octobre 2006


La Poussière des corons
Marie-Paul Armand

Une saga au pays minier, éclairée en rose et gris par une bouleversante histoire d’amour.
Présentation du livre

« … On ne savait pas grand-chose, sinon qu’il y avait eu un éboulement à la fosse 4. Sous le ciel triste et bas, nous attendîmes longtemps, longtemps, derrière les grilles. Le silence n’était troublé que par le murmure des prières que récitaient certaines d’entre nous… »
Ce drame est l’un des épisodes de la vie quotidienne d’un coron du Pas-de-Calais au début du siècle. Avec minutie et émotion, Madeleine, fille d’une famille de mineurs, raconte sa vie, de la catastrophe de Courrières en 1906 jusqu’aux années 1960, en passant par les accidents, les coups de grisou, les deux guerres mondiales, les conflits sociaux…
Marie-Paul Armand a choisi un retour au pays de son enfance avec cette grande fresque, foisonnante de personnages et de portraits pittoresques, à l’ombre des terrils.

Reliure : Broché
Page : 356 p
Format : 23 x 14 cm
Poids : 476.00 g
SBN : 978-2-258-07679-2
EAN13 : 9782258076792


«Les roses noires »
Une histoire de la catastrophe de courrières
A.B. Daniel
Inspiré de la plus grande tragédie minière française, un roman bouleversant sur le courage, la solidarité et l’héroïsme. Au printemps 1906, les roses qu’Éliette cueille dans le coron de Courrières sont noires. Noires comme la fumée qui jaillit des fosses le 10 mars où, en quelques secondes, le grisou ravage la mine et tue plus de 1 000 hommes. Noires comme le labyrinthe de galeries où se débattent pères et fils, enfants et camarades, une poignée de survivants qui ne se résout pas à la mort.Pendant vingt jours, ils luttent à 300 mètres sous terre contre l’engloutissement, la faim, la soif et la nuit. Avalés par le monstre qu’est devenue la « sale bête de mine », l’ingénieur Gabriel Leclerc, comme les mineurs Rabisto, Ricq, Lido ou Brain d’amour, compagnons d’épouvante, se muent en héros fraternels, offrant le meilleur de ce que l’homme peut accorder au prochain. Mais dessus aussi, contre l’immensité de l’horreur et l’abandon à la fatalité, chacun fait le choix de la solidarité. La belle Éliette, Marthe, la troublante Héloïse, les milliers de femmes des corons espèrent le retour de leurs hommes avec la rage de la vie dans le ventre.C’est à ces hommes et ces femmes magnifiquement humains que ce roman est dédié. Un roman d’une force exceptionnelle, où le lecteur tremble, rit et pleure, à l’unisson avec les héros de cette aventure extraordinaire.

Broché: 421 pages
Editeur : XO Editions (9 février 2007)
Langue : Français
ISBN-10: 284563305X
ISBN-13: 978-2845633056

22 heures
Fosse 3, étage – 280

À trois cents mètres sous terre, une main sur la croupe du cheval Évariste, Louis Eugène Joseph Renault, dit Rabisto, accompagne la bête vers l’écurie de la fosse 3.
Évariste connaît par coeur le chemin du foin et de l’avoine. Il ne se fait pas prier. Rabisto le suit au pas d’un paysan. L’esprit en paix, les yeux perdus dans l’obscurité de la voie percée, de loin en loin, par le halo des lampes. Le cheval pile d’un coup, sans crier gare. Rabisto bute contre son cul, rattrape sa lampe de justesse. Rageur, il claque la croupe d’Évariste.
— Qu’est-ce qui te prend, bidet ? T’as vu un fantôme ?
Le cheval ne bouge pas. L’obscurité de la bowette est devant eux. Ni plus ni moins que l’instant d’avant. Au sol, les rails luisent en jaune et vont se perdre dans le tréfonds du noir de la terre.
Les bowettes sont les avenues souterraines des mines. Droites comme des coups de trique et assez larges pour que des trains de wagonnets s’y croisent. Durant des kilomètres, elles s’ouvrent sur les voies de taille, les colonnes d’aérage et les grandes plates-formes d’accrochage adossées aux puits. Aux heures du matin et de l’après-midi, elles ne désemplissent pas. Le vacarme y est assourdissant.
Mais en cet instant, c’est presque le silence. Le murmure de la mine au repos. Les ouvriers sont en petit nombre. Ils étayent, remblayent, nettoient les fronts de taille. Les coups de masse ou de hache résonnent à peine. Lointains, étouffés.
Rabisto reconnaît chacun de ces bruits. Rien que du normal. La plate-forme d’accrochage n’est plus qu’à cent mètres et l’écurie du nord avec.
Il lève la main, s’apprête à claquer de nouveau la croupe du cheval. Un doute lui retient la paume.
L’Variste a dix années de mine dans les pattes. Dix années de noir, à traîner six tonnes de houille à longueur de jours invisibles. Ça vous apprend à deviner l’humeur d’une fosse et ses tours de cochon. Ça vous apprend à voir où il n’y a rien à voir.
Rabisto s’avance jusqu’à l’encolure du cheval. Évariste lève le front. Ses naseaux palpitent. Il encense, sa paupière battant sur son gros oeil.
— Qu’est-ce qu’y a ? T’as senti quelque chose ?
Rabisto aimerait n’entendre que de la moquerie ou de l’agacement dans son ton. Il y reconnaît un voile d’inquiétude.
— Qu’est-ce que tu me joues, bidet de malheur ?
Il scrute l’ombre. Il n’y a que les souris et les rats pour cavaler entre les rails, couinant comme des oiseaux.
— T’as la berlue, l’Variste. Tu te fais vieux.
Rabisto agrippe la longe de cuir sous la joue du cheval et lui imprime un coup sec. Le cheval n’hésite qu’à peine, lève son sabot pour éviter le rail et avance d’un pas ferme, redevenu impatient de son avoine.
Mais cette fois Rabisto marche devant, la lampe tendue. Il dépasse à gauche et à droite les trous sombres des voies de taille qui débouchent sur la bowette. Là aussi, il n’y a rien que du normal : l’écho des chantiers au travail et des mômes qui poussent quelques wagonnets.
Encore quarante, cinquante mètres. L’éclairage de la plate-forme est plus intense, on y voit mieux. Et cette fois, c’est lui, Rabisto, qui ralentit. Un frisson lui hérisse les poils des bras.
Peut-être bien que l’Variste a raison, qu’il y a du bizarre. Quoi, c’est difficile à dire. C’est dans l’odeur.
À cette heure-ci, l’air de la mine n’est plus brassé comme lorsque la taille bat son plein. Malgré les savantes connexions inventées par les ingénieurs pour que de l’air frais circule, les buses, les cloisons de bois, le fond s’alourdit de toutes ses puanteurs. Eau croupie, pisse et merde, moisi de la terre, de la sueur des hommes, du métal rouillé, du bois et des carcasses de rats. Des remugles que Rabisto ignore depuis longtemps. Trente ans passés à arpenter le fond de la mine vous forment les narines. Mais, là, en cet instant, une odeur nouvelle lui pique le nez. Un relent de fumée humide. De pourri, aussi.
Peut-être même de soufre.
Nom de Dieu ! Une chose qui fait songer au puteux, cette saloperie d’acide carbonique.
Rabisto se passe la main sur la nuque, apaise le souffle de peur qui lui court le long de l’échine. Il se raisonne. Mon gars, si tu peux renifler cette cochonnerie et demeurer sur tes jambes, c’est donc pas le puteux. Sinon, tu serais déjà mort.
— Te monte pas le bourrichon, marmonne-t-il à voix haute, pour conjurer la peur.
Comme pour lui répondre, Évariste bronche, l’encolure frissonnante comme s’il se défendait des mouches. Ses naseaux battent tel un soufflet de forge. Mais lui aussi reste debout.
— Bon, dit Rabisto, on avance.
Ils avancent.
La puanteur ne cesse pas. Au contraire, elle devient plus nette.
Rabisto surveille ses jambes, guette un signe de pesanteur anormale. Il surveille aussi le cheval. Mais non : ça fait que puer et ça n’étourdit pas.
— Peut-être bien que c’est pas le puteux, lance-t-il à voix haute. Mais c’est quelque chose quand même, crénom ! L’écurie n’est plus qu’à quinze mètres. Le pas d’Évariste résonne, rassurant. La courbe sur la gauche qui conduit aux plaques de fonte de l’accrochage approche. Les lampes pendues aux boisages sont plus nombreuses. Les murs en brique plus nets. On y voit mieux.
— Holà !
Rabisto tire si violemment sur la bride du mors que le cheval pivote, bute des sabots contre les rails.
Là-bas, sur les tôles de la plate-forme, il y a un voile de brume.
Sauf que ce ne peut pas être de la brume. Le brouillard ne descend pas sous la terre.
Rabisto a à peine le temps d’y songer. Un mouvement de l’air lui pousse une odeur fétide dans la bouche. Une grande dégoûtance qu’il voudrait recracher mais qui lui colle déjà au palais. Âcre, acide.
Il attrape la bride du cheval, comme s’il allait s’effondrer, guette le poids du mauvais gaz sur ses tempes, déjà prêt à se sentir tomber, à recevoir, impuissant, le spasme qui referme la poitrine et tue.
Mais non. Rien.
— Crénom de Dieu, c’est pas le puteux !
Alors quoi ? De la fumée ?
Il se presse. Tire l’Variste, lui claque l’encolure, le pousse en gueulant vers le portillon de l’écurie. Il l’abandonne devant son seau d’eau. La ration de foin et la poignée d’avoine, ça attendra.
Pas une ombre sur la plate-forme d’accrochage. Personne à attendre les cages.
La fumée serpente entre ses mollets. De la vraie fumée qui lui pique les yeux.
Nom de Dieu, la fumée, c’est le feu. Le feu qui va vite.
Il songe à appeler. Mais à quoi bon s’égosiller dans le vide ? Les chantiers des raccommodeux sont trop loin.
Il court à travers la plate-forme. Ses galoches résonnent sur la ferraille. La fumée fait des tourbillons qui l’aveuglent. Mais il n’a pas besoin d’y voir pour se lancer dans l’autre partie de la bowette qui file vers le midi.
En dix pas, de la fumée, il y en a tant qu’il s’en étouffe. Il tousse et crache en jurant. Il gueule :
— Il y a des hommes ici ? Crénom de Dieu, il y a personne, ici ?
La fumée semble amortir même ses cris. Elle le fait pleurer. Il ôte son casque de cuir bouilli, empoigne son béguin, ce bonnet de toile qui lui couvre le crâne, et se le fiche sur le visage pour mieux respirer. Ça ne l’empêche pas de tousser encore à s’en brûler la gorge.
Prudent, il souffle la flamme nue qui danse à la lampe de son casque avant de le remettre sur ses cheveux collés de sueur. Et, prudent encore, il avance avec lenteur, la lampe tenue haut. Mais il n’y voit que de la fumée. Grise et noire, qui se tortille devant lui telle une bête maléfique qui chercherait à l’étouffer.
Comment est-il possible que personne ne se soit aperçu de rien ?
Il se méfie des rails, des buses d’aérage, des traverses qui encombrent le sol. Encore vingt-cinq mètres.
Là, la fumée moutonne comme de la laine. Elle est plus épaisse, roulant sur elle-même avec des veines noires.
Plié en deux, les yeux pleins de larmes, Rabisto se jette sur le côté de la bowette où l’air est plus respirable. De l’épaule, il frôle les rondins de l’étayage pour se guider. Et d’un coup, la bowette s’ouvre sur une voie en pente raide.
Entre deux soubresauts de toux, s’essuyant les yeux avec son béguin, il devine un rougeoiement dans le bas de la voie. Du vieux bois d’étayage tout pourri et déjà devenu braises !
— Merde ! gronde Rabisto sous son béguin et pas plus soulagé que ça. Merde de merde ! Il y a le feu dans Cécile !


«10 mars 1906, Compagnie de Courrières»
Une histoire de la catastrophe de courrières
Editeur : Centre historique minier de Lewarde

10 mars 1906, un coup de poussières à la Compagnie des mines de Courrières provoque la mort de 1 099 mineurs. Dans le cadre de la commémoration du centenaire de la catastrophe, le Centre historique minier a choisi de consacrer sa programmation à ce thème. Ce nouveau numéro de la collection a Mémoires de gaillette  » regroupe le travail de neuf scientifiques : Marie-France Conus, Diana Cooper-Richet, Sébastien Cordeau, Gérard Dumont, Jean-François Eck, Jean-Louis Escudier, Odette Hardy-Hémery, Yves Le Maner et Agnès Mirambet-Paris. Cent ans après, il ne s’agit pas de prétendre faire toute la lumière sur les faits mais d’approfondir la connaissance des causes et des conséquences de la catastrophe. Durant deux années, des investigations ont été menées dans les différents fonds d’archives et de bibliothèques pour tenter de comprendre ce qui avait pu provoquer un tel événement et ce qui en a découlé. Au travers de cet ouvrage, le lecteur est invité à découvrir l’histoire de la Compagnie des mines de Courrières, le contexte économique et technique, les faits eux-mêmes mais aussi les conséquences politiques, sociales, économiques, techniques et culturelles de ce dramatique accident.

Broché: 192 pages
Editeur : Centre historique minier de Lewarde (1 mars 2006)
Collection : Mémoires de Gaillette
Langue : Français
ISBN-10: 2951569289
ISBN-13: 978-2951569287

Un timbre pour commémorer la catastrophe de Courrières
La Poste française a mis en vente le 6 mars 2006 un timbre d’une valeur de 0,53 € commémorant le souvenir de cette catastrophe. Au format vertical de 30 x 40 mm, il a été dessiné par Paul Véret-Lemarinier d’après une œuvre de Lucien Jonas (1880-1947) et représente un mineur agenouillé avec une lampe à la main et une barrette (chapeau en cuir alors porté dans les mines) sur la tête. Il est imprimé en héliogravure par feuille de 48 timbres.


Les films sur la catastrophe.

Moi, Louis, enfant de la mine
Courrières 1906
Moi, Louis, enfant de la mine

Réalisé par : Thierry Binisti

Acteurs : Morgan Sarpaux (Louis), Arthur Vaughan-Whitehead (Charles), Pascal Elso (Caron), Thomas Delbove (Martin), Vincent Martin (Gustave)

A Courrières en 1906, Louis, fils de mineur, descend pour la première fois dans la mine. Une terrible catastrophe va l’emprisonner sous terre durant plusieurs semaines, contraignant l’enfant à manger jusqu’à son col de chemise pour tenter de survivre. A la surface, son ami Charles, fils de l’ingénieur en chef des mines de Courrières, découvre avec consternation que son père soutient la direction dans sa décision de fermer des puits par lesquels d’éventuels survivants pourraient remonter. Trois semaines après le drame, treize miraculés font leur apparition. Parmi eux se trouve le jeune Louis, que ces 21 jours d’angoisse ont radicalement transformé. Il se sent désormais solidaire des mineurs et refuse de renouer avec le fils de celui qui les a lâchement abandonnés…

A travers le regard de deux enfants, Thierry Binisti revient sur la plus importante catastrophe minière d’Europe, qui coûta la vie à plus de mille mineurs en 1906.
Le téléfilm a été entièrement tourné sur le carreau de fosse d’Arenberg.