Catastrophe dans une mine du CHILI

Jeudi 5 Aout 2010.

Eboulement dans une mine San José, dans le Nord du Chili.

33 mineurs, bloqués à la suite d’un éboulement le 5 août dans la mine de cuivre de San Jose dans le nord du Chili. Laurence Golborne avait déclaré à la télévision le 12 août dernier que “les probabilités de les retrouver vivants sont faibles”

“Miracle”: 33 mineurs toujours en vie après 15 jours sous terre.

Vendredi 20 Aout 2010.

Le sauvetage s’organise.

En surface, les secouristes installent le puissant excavateur de 30 tonnes de conception australienne, qui doit forer à un angle quasi-vertical un conduit de 700 m de long et 66 cm de large, par lequel les mineurs seront extraits un par un. Ces opérations prendront trois à quatre mois, délai dont les mineurs sont conscients, a assuré Andres Sougarret, l’ingénieur coordonnant les travaux. Le ministre Manalich avait auparavant dit aux mineurs espérer les sortir “avant Noël”. “Nous avons fini (d’installer) la plate-forme (de béton) où la machine sera installée (…) nous espérons commencer à perforer dimanche ou lundi”, a déclaré à la presse Sougarret, sur le site de San José, à 800 km au nord de Santiago. Il a révélé qu’une troisième sonde a atteint jeudi la cavité des mineurs, et devrait intensifier l’acheminement d’eau et la ventilation.

Dimanche 22 Aout 2010.

Localisation des mineurs

33 mineurs disparus depuis 17 jours ont été localisés sous terre. Ils sont tous vivants. Il faudra encore environ quatre mois pour sortir ces hommes des profondeurs de la terre. Ils ont envoyé un signal d’espoir à la surface, par une vidéo les montrant à 700 mètres sous terre, organisés, détendus et riant. Le miracle fait en tout cas la joie des médias chiliens, qui s’interrogent toutefois sur l’aspect économique et social d’une telle situation. Rappelons qu’il est prévu un retour à la vie et à la lumière de ces mineurs piégés dans 4 mois !

Jeudi 26 Aout 2010.

Les mineurs s’organisent.

Jeudi soir la télévision chilienne a diffusé les premières images du groupe de 33 mineurs bloqués au fond de la mine, la vidéo les montre organisés, détendus et expliquant leur organisation à 700 m sous terre.

Vendredi 27 Aout 2010.

Dépression de 5 mineurs. 

La dépression commence à affecter quelques-uns des 33 mineurs bloqués au fond d’une mine chilienne depuis 22 jours, malgré le moral affiché par le groupe dans une vidéo filmée à 700 m sous terre, et l’imminence du forage d’un puits de secours. “Cinq des mineurs sont isolés, ne s’alimentent pas bien, et ne veulent pas apparaître sur la vidéo”, a déclaré à la presse le ministre de la Santé, Jaime Manalich, après une “enquête de nature psychologique” réalisée auprès des hommes du fond. “Dépression est le mot qui convient”, a-t-il dit, ajoutant que ces cinq hommes devaient avoir dans les heures à venir un entretien à distance avec un psychiatre. Manalich a en revanche rapporté un “progrès significatif” de l’état général des mineurs. “On a réussi à les hydrater, ils ne se plaignent pas de la soif, leurs urines sont normales, et les diarrhées qui étaient apparues à cause de l’eau qu’ils buvaient en bas se sont arrêtées”.

Samedi 28 Aout 2010.

Une sécurité à deux vitesses ?

Aux abords de la mine, les familles des mineurs continuent de parler de la vidéo revigorante diffusée jeudi soir par le ministère des Mines. Ces premières images des mineurs, filmés par l’un d’eux avec une caméra envoyée de la surface, montrent leur organisation, leur moral, leurs activités. Mais le choc médiatique généré dans le pays par cet accident a des conséquences plus profondes. L’accident a ainsi mis en relief la disparité de sécurité existant dans les mines chiliennes, entre les grands groupes aux moyens importants, et les petites ou moyennes unités, type San Jose (150 employés), qui réclament une aide financière pour pouvoir assurer des critères de sécurité élevés.Les propriétaires de San Jose, et le Service national de Géologie et des Mines (Sernageomin), sont poursuivis en justice par la famille d’un mineur piégé, pour avoir autorisé en 2008 la réouverture du site, malgré un accident mortel en 2007. Outre ces suites judiciaires, le ministre chilien des Mines a ainsi annoncé vendredi une révision de la sécurité dans l’industrie minière et une augmentation des budgets pour son contrôle. “On ne peut assurer que des accidents ne se produiront pas, mais on peut faire prendre conscience aux chefs d’entreprises de l’importance de la sécurité des travailleurs”, a déclaré le ministre Laurence Golborne à la presse.Le Sernageomin, organe régulateur du secteur, verra son budget consacré à la sécurité passer de 24 à 56 millions de dollars, “ce qui permettra de passer de 18 à 45 techniciens chargés du contrôle à la fin 2011”. Une nouvelle “Superintendance des Mines” se chargera spécifiquement de la sécurité et “d’autoriser les projets d’exploration et d’exploitation minière, de contrôler l’industrie et sanctionner les infractions, et de fournir des données statistiques”, a ajouté Golborne. Le gouvernement va aussi créer un comité de 12 experts qui, sur les trois prochains mois, va revoir la législation existante en matière de sécurité, en vue de recommandations.

Dans les extraits diffusés par la chaîne publique TVN, on voit une vingtaine de mineurs. L’un d’eux, torse nu, barbe fournie, fait une « visite guidée » de l’espace où ils sont confinés depuis un éboulement le 5 août, mais ravitaillés depuis quatre jours par des sondes. Derrière lui, on entend des rires. Plusieurs mineurs saluent au passage la caméra. « Salut à ma famille, sortez-nous vite s’il vous plaît », lance l’un d’eux.La vidéo intervient alors que les autorités préparent aussi un planning serré d’activités – médicale, physique, de loisir – pour aider les hommes à tenir plus de trois mois. Quatre experts de la Nasa sont attendus pour amener aux secours leur expertise de la survie en confinement.

Mais selon le ministre chilien de la Santé, Jaime Manalich, déjà cinq des 33 mineurs souffrent de « dépression » et vont être traités à distance par un psychiatre.w