Qu’est ce qu’un chevalement ?

chevalement du 9 de oignies

Dans l’industrie minière, c’est aussi la structure qui sert à descendre et remonter les mineurs, ainsi que le minerai, via une cage d’ascenseur. Qu’il soit en bois, en métal ou en béton, le chevalement remplit toujours la même fonction: il supporte les molettes par dessus lesquelles passent les câbles d’extraction qui, mus par la machinerie, plongent au droit du puits pour retenir la cage. Élément essentiel d’une exploitation minière souterraine, le chevalement en est le bâtiment de loin le plus visible et le plus haut avec les terrils et, de fait, le plus symbolique. C’est pourquoi sa fonction va au delà du lien entre « le jour » et « le fond »: par la diversité de son architecture (aucun chevalement n’étant identique à un autre), il souligne la particularité du paysage minier, mais permet également d’identifier la compagnie minière qui l’a élevé. Dans le nord de la France, les chevalements du bassin houiller étaient parfois désignés par le terme « beffroi« , en raison de leur forme rappelant les tours municipales des villes flamandes. En Belgique, on trouve également la dénomination « belle fleur » ou « chassis à molettes », tandis qu’en France le terme chevalet est également employé.Au delà de cette diversité, la forme des chevalements revêt néanmoins des formes répétitives, essentiellement en fonction de l’emplacement de la machine d’extraction: lorsque celle-ci est située au sol (dans un bâtiment dédié ou dans le même hall que le chevalement), la tour du chevalet s’élèvera jusqu’au niveau des molettes et s’appuiera sur de forts jambages obliques afin de contrer les forces de traction du câble aussi bien que des cages au sein du puits; lorsque le constructeur choisit de placer la machine au haut du chevalet, ce dernier prendra généralement la forme d’une tour en béton ou en acier (avoisinant les 60 mètres).Les chevalements sont étroitement associés en France à l’extraction du charbon. Malgré la fermeture de la presque totalité des bassins miniers en France (à l’exception notamment des gisements d’ardoise et de sel), de nombreux chevalements ont été conservés et même classés monuments historiques, comme symboles historiques de la Révolution industrielle et du développement économique de régions entières (charbon dans le Nord-Pas-de-Calais, la Moselle, mais aussi potasse dans le département du Haut-Rhin).